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Le cargo russe Ursa Major, coulé en Méditerranée, transportait-il des réacteurs nucléaires pour la Corée du Nord ?

Le naufrage de l'Ursa Major, cargo russe coulé fin 2024 au large de l'Espagne, pourrait cacher une opération bien plus sensible qu'annoncé. Selon CNN, le navire transportait peut-être des composants de réacteurs nucléaires destinés à la Corée du Nord.

Le cargo russe Ursa Major lors d'une opération de surveillance menée par la Marine portugaise en décembre 2024.

Crédit : Handout / Portuguese Navy / AFP

Qu'est-il arrivé à l'Ursa Mayor ? Ce navire russe, coulé en décembre 2024 au large de l'Espagne

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Sophie Joussellin & Jérémy Descours

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Que transportait réellement l'Ursa Major ? Derrière le naufrage spectaculaire de ce cargo russe au large de l'Espagne, le 23 décembre 2024, se cache peut-être une opération clandestine destinée à empêcher un transfert de technologie nucléaire vers la Corée du Nord.

Officiellement, lorsque le navire quitte le port de Saint-Pétersbourg le 11 décembre 2024, sa cargaison paraît banale : deux grandes plaques métalliques présentées comme des "plaques d’égout", 129 conteneurs vides et deux grues Liebherr, avec une destination affichée : Vladivostok, à l'extrême est de la Russie.

Mais selon une enquête des renseignements espagnols relayée par CNN, la réalité serait tout autre. L'Ursa Major aurait en fait transporté des composants destinés à deux réacteurs nucléaires de sous-marins, probablement à destination de la Corée du Nord.

Une série d'explosions

Le cargo russe, vétéran des opérations militaires russes en Syrie, navigue alors escorté par deux bâtiments militaires russes, l'Ivan Gren et l'Aleksandr Otrakovsky. Après avoir longé les côtes françaises puis portugaises, le navire commence soudainement à ralentir au large de l'Espagne le 22 décembre. Les secours maritimes espagnols prennent contact avec l'équipage, qui assure que tout est sous contrôle.

Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, la situation bascule. Trois explosions retentissent près de la salle des machines. Deux marins meurent dans l'incident. Le cargo lance un appel de détresse puis commence à sombrer.

Les quatorze survivants sont secourus par un navire espagnol. Mais rapidement, l'escorte militaire russe intime aux secours de s'éloigner. Selon CNN, l'Ivan Gren aurait ensuite tiré plusieurs fusées éclairantes rouges au-dessus de la zone, avant que quatre nouvelles explosions ne soient détectées par les sismographes espagnols.

"Deux réacteurs nucléaires similaires"

Pourquoi ces détonations supplémentaires ? Selon une source proche de l'enquête espagnole, elles auraient visé à détruire l'épave et faire disparaître d'éventuelles preuves sur la nature de la cargaison.

Lors de son interrogatoire par les autorités espagnoles, le capitaine russe finit par reconnaître que les fameuses "plaques d'égout" étaient en réalité "des composants pour deux réacteurs nucléaires similaires à ceux utilisés dans les sous-marins". Il affirme toutefois ignorer si ces réacteurs contenaient du combustible nucléaire.

L'enquête espagnole estime que le navire se dirigeait probablement vers le port nord-coréen de Rason. Selon CNN, ces équipements auraient pu être offerts par Moscou à Pyongyang en échange du soutien militaire nord-coréen dans la guerre en Ukraine, notamment dans la région russe de Koursk, où des soldats nord-coréens avaient été déployés quelques mois plus tôt.

Un trou de 50 centimètres sur 50

Autre élément troublant : une semaine après le naufrage, le Yantar, un navire russe officiellement présenté comme un bâtiment de recherche mais régulièrement accusé d'espionnage par les pays de l'Otan, revient sur place pendant plusieurs jours. Là encore, quatre nouvelles explosions sont enregistrées autour de l'épave.

Les soupçons d'une opération militaire occidentale se renforcent également autour des circonstances du naufrage. Selon les enquêteurs espagnols cités par CNN, la coque de l'Ursa Major présentait un trou de 50 centimètres sur 50, compatible avec l'impact d'une torpille de type "Barracuda", une arme extrêmement rare possédée seulement par quelques puissances militaires.

Dans les mois qui suivent, des avions américains spécialisés dans la détection de matières radioactives survolent à plusieurs reprises la zone du naufrage. Officiellement, aucune trace de contamination nucléaire n'a toutefois été signalée par les autorités espagnoles.

L'épave de l'Ursa Major repose aujourd'hui au fond de la Méditerranée. Et avec elle, peut-être, une partie des secrets les plus sensibles de la coopération militaire entre Moscou et Pyongyang.

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