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"La Russie tente de nous diviser, elle n'y parviendra pas" : les alliés de l'Allemagne font front commun contre Moscou après "l'attaque" de drone à Leipzig

Les autorités allemandes ont officiellement dénoncé le rôle du Kremlin après la découverte de drones à l'aéroport de Leipzig, début août. "Nous répondrons avec détermination", a promis la responsable de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, mercredi 2 septembre.

La haute représentante de la Commission européenne Kaja Kallas à Wicklow, en Irlande, le 1er septembre 2026.

Crédit : Paul Faith / AFP

Quentin Menu

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Berlin a enfin mis un nom derrière les opérations de déstabilisation qu'elle a subies cet été. "Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig", a annoncé mardi 1er septembre le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt.

Mercredi 5 août, deux incidents impliquant des drones avaient perturbé le fonctionnement de l'aéroport de Leipzig, en Allemagne. Un premier, portant des explosifs très puissants, avait été retrouvé tout près d'un avion-cargo d'une compagnie ukrainienne. L'engin n'avait néanmoins pas explosé après une défaillance de son mécanisme. Un deuxième avait ensuite percuté un avion qui venait de décoller, infligeant des dégâts mineurs à l'appareil. 

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Si les autorités n'avaient pas tout de suite pointé du doigt la Russie, tout laissait à penser qu'il s'agit d'une nouvelle opération de déstabilisation orchestrée par le Kremlin, alors que Leipzig est un hub important dans le soutien logistique de l'OTAN à l'Ukraine. 

Après enquête, l'Allemagne nomme donc directement la Russie comme responsable de ces attaques, dans un contexte particulièrement tendu dans le pays, des élections devant se tenir en septembre. Le gouvernement fédéral a donc annoncé mardi de nouvelles sanctions contre la Russie, dont la fermeture du dernier consulat russe sur son territoire, à Bonn, ainsi que du centre culturel russe de Berlin.

La France va proposer de nouvelles sanctions

Les alliés européens n'ont pas tardé à réagir. "La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de nouvelles sanctions européennes contre la Russie", a lancé Emmanuel Macron sur X, mardi soir. Berlin va proposer d'inscrire de nouvelles personnes de nationalité russe sur les listes de sanctions européennes. 

Mercredi 2 septembre, le Quai d'Orsay a convoqué le chargé d'affaires russe à Paris, Alexander Zezyulin, pour "protester très vivement" contre les "attaques hybrides" orchestrées par le Kremlin. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que la France allait elle aussi proposer de nouvelles sanctions européennes contre les navires de la flotte fantôme russe, notamment utilisés pour transporter du pétrole et du gaz.

Réunis en Irlande, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'Union européenne ont fait savoir leur soutien à l'Allemagne. "La Russie tente de nous diviser et d'affaiblir notre soutien à l'Ukraine. Elle n'y parviendra pas", a assuré la ministre des Affaires étrangères et de la Défense irlandaise, Helen McEntee, alors que Dublin occupe la présidence tournante du Conseil de l'UE.

"Les attaques hybrides ne resteront pas sans réponse"

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, elle aussi présente en Irlande pour la réunion des ministres, a qualifié les intimidations de la Russie d'acte de "terrorisme soutenu par un État", n'hésitant pas à parler d'"attaque". "Nous répondrons avec détermination", a-t-elle promis. "1.600 inscriptions visant le complexe militaro-industriel russe sont déjà en préparation, et nous sommes prêts à en ajouter d’autres" sur les listes de sanctions.

"Nous continuerons à maintenir l'unité de l'UE malgré l'escalade et la gravité de ces actes, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après s'être entretenue avec le chancelier Friedrich Merz. Le gouvernement allemand a pris des mesures fermes. Et le message est clair : les attaques hybrides ne resteront pas sans réponse."

L'OTAN se tient également disposée à répondre aux attaques russes et assure, par la voix de son secrétaire général Mark Rutte, qu'elle défendra ses membres contre "toute menace". Aucune personnalité de premier plan de l'administration américaine n'avait encore réagi mercredi. Mais les services de renseignement américains avaient clairement déjà pointé la responsabilité du régime de Poutine derrière les évènements de Leipzig, au mois d'août.

Les sanctions sont une "erreur grossière", selon Poutine

Le Kremlin dément son implication et menace de représailles après l'annonce des nouvelles sanctions. L'ambassadeur russe à Berlin Sergueï Netchaïev a prévenu que cette "escalade sans précédent des relations russo-allemandes ne sera pas sans conséquences". Vladimir Poutine a aussi directement réagi, au détour d'une conférence de presse, mardi : "Je pense que c'est une nouvelle erreur grossière. Et, à mon avis, elle va clairement à l'encontre des intérêts du peuple allemand", a-t-il déclaré.

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