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Faut-il craindre une attaque russe contre l'OTAN ? Ce que cache la visite surprise de la CIA à Moscou

Le déplacement éclair du patron du renseignement extérieur américain dans la capitale russe alimente les inquiétudes sur une possible escalade entre Moscou et l’OTAN. Une visite qui intervient dans un climat de fortes tensions, sur fond de menaces russes.

John Ratcliffe, le directeur de la CIA

Crédit : Jim WATSON / AFP

Eléonore Aparicio

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Une visite éclair qui alerte. John Ratcliffe, directeur de la CIA, s’est rendu à Moscou mardi 25 août, alimentant les craintes sur les intentions militaires du Kremlin. Il s'agit du premier déplacement connu d'un directeur de la CIA dans la capitale russe depuis celui de William Burns, en novembre 2021, quelques mois seulement avant l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. 

John Ratcliffe n'a pas rencontré Vladimir Poutine. Le Kremlin a en revanche confirmé des discussions entre le responsable américain et les services de renseignement russes. D'après le Wall Street Journal, les services américains auraient détecté des éléments laissant penser que Moscou pourrait chercher "tester" la détermination de l'Alliance atlantique. 

Les scénarios évoqués ne correspondent pas nécessairement à une invasion massive d'un pays, mais plutôt "une cyberattaque" ou "une incursion terrestre à petite échelle", notamment dans la région baltique. Radio Free Europe/Radio Liberty rapporte de son côté que l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie feraient partie des pays particulièrement concernés par l'avertissement américain. 

Des "histoires alarmistes" selon la Russie

Moscou a démenti jeudi 27 août les informations du Wall Street Journal, dénonçant des propos "alarmistes". Le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a indiqué avoir eu avec John Ratcliffe une réunion de travail sur des sujets "sensibles", sans en préciser la teneur. 

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De son côté, la Maison-Blanche a cherché à relativiser la portée de cette visite. Donald Trump l’a qualifiée de déplacement "semi-routinier", en l’inscrivant dans les efforts américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Malgré la visite de Ratcliffe, rien dans l'attitude des russes ne suggère un relâchement de la pression. 

Dans la nuit du 26 au 27 août, la Russie a mené une nouvelle attaque massive de missiles et de drones contre neuf villes ukrainiennes. Selon les autorités locales, des zones civiles ont également été touchées, faisant au moins deux morts et quatorze blessés. L'armée russe affirme de son côté avoir visé des infrastructures liées à l'effort de guerre ukrainien.

Un contexte d'escalade en Europe

Cette visite intervient alors que la Russie durcit parrallèlement son discours à l'égard des alliés de l'Ukraine. Le 27 août, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a averti que l'utilisation d'armes britanniques par l'Ukraine pour frapper le territoire russe pourrait entraîner des représailles contre des "installations et équipements militaires britanniques", en Ukraine mais aussi "au-delà de ses frontières", rapporte Reuters. 

Ces menaces interviennent après l’annonce, le 24 août, du Premier ministre britannique, qui souhaite partager avec l’Ukraine la technologie des missiles Storm Shadow afin de l’aider à développer ses propres capacités de frappe à longue portée, dans le cadre d’un projet mené avec la France.

Des incidents précédents

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie a souvent testé les défenses de l'OTAN. Dernièrement, le 16 août, un avion de chasse F-18 espagnol qui participait à une mission de l'OTAN a abattu un drone ayant pénétré dans l'espace aérien roumain, près des frontières ukrainienne et moldave. Selon un porte-parole de l'Alliance, l'appareil semblait russe. Il s'agit déjà du quatrième drone abattu au-dessus de la Roumanie depuis le début du conflit 

À ce stade, rien pour le moment ne permet d'affirmer que Vladimir Poutine a décidé d'attaquer militairement un membre de l'OTAN. Une attaque ouverte présenterait par ailleurs un risque immense pour Moscou

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