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L'État islamique possédait un "Guantanamo" pour leurs otages

Selon un ex-otage espagnol, l'EI avait rassemblé jusqu'à 23 otages dans une prison, pendant de celle de Guantanamo.

Le journaliste espagnol Javier Espinosa, ex-otage de l'État islamique, le 30 mars 2014 (archives)
Le journaliste espagnol Javier Espinosa, ex-otage de l'État islamique, le 30 mars 2014 (archives)
Crédit : DANI POZO / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Une réplique de Guantanamo, version islamiste ? Selon l'ex-otage espagnol Javier Espinosa, le groupe État islamiqueavait rassemblé jusqu'à 23 otages de onze nationalités différentes, dont sept sont morts, dans une prison en Syrie conçue comme celle des Américains.

Dans un récit publié par son journal, El Mundo, le journaliste espagnol, libéré le 29 mars 2014, détaille pour la première fois l'exécution d'un otage russe Sergueï Gorbounov, disparu en 2013. Le reporter raconte avoir été incarcéré pendant plusieurs mois dans une villa au nord d'Alep, avec 22 Européens, Américains, et une Latino-Américaine qu'il n'identifie pas, jusqu'à sa libération le 23 mars 2014.

D'après lui, l'EI a rassemblé les otages, travailleurs humanitaires ou journalistes, dans une seule prison qui devait être le pendant de celle de Guantanamo, base américaine à Cuba où ont été internés des combattants capturés en Afghanistan. L'auteur cite le journaliste américain James Foley, son codétenu enlevé en novembre 2012 et exécuté en août 2014. "Ils avaient ce projet depuis longtemps, selon Foley. Le cheikh irakien (chef des gardiens) nous a expliqué dès le départ qu'ils voulaient interner des Occidentaux dans une prison de haute sécurité, avec des caméras, de nombreux gardiens... Il nous a dit que nous allions y passer longtemps parce que nous étions les premiers qu'ils capturaient".

Menacé par ses gardiens s'il parlait "avant que tout soit achevé"

Le journaliste espagnol dit avoir gardé le silence depuis sa libération --en même temps que son collègue photographe Ricardo Garcia Vilanova, et un journaliste du Periodico de Cataluna, Marc Marginedas-- parce que ses gardiens menaçaient d'exécuter d'autres otages s'il parlait "avant que tout soit achevé". Des 23 otages, écrit Javier Espinosa, quinze ont été libérés, six exécutés, et une, l'américaine Kayla Mueller, est morte en février dernier, dans un bombardement de l'aviation américaine, selon l'Etat islamique (EI). Le sort du photographe de presse britannique John Cantlie, détenu avec eux, reste incertain. L'EI a diffusé récemment une vidéo où il était en vie.

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Espinosa raconte des simulacres d'exécution de la part de trois gardiens encagoulés, surnommés les Beatles par les otages, et qu'il traite de psychopathes. Ils les ont notamment obligés à regarder les photos de l'exécution d'un otage russe, l'ingénieur Serguei Nicolayevitch Gorbounov, enlevé en octobre 2013 et assassiné en mars 2014, selon Espinosa. "Le cheikh lui a tiré une balle explosive dans la tête", s'est vanté un des gardiens. "Vous finirez peut être comme lui ! Ou bien nous vous obligerons à le déterrer et à creuser une nouvelle tombe pour vous envoyer dormir avec lui".

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