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L'ETA s'engage à mettre son arsenal "hors d'usage"

L'ETA s'est engagé, ce samedi, à mettre "hors d'usage" son arsenal. Très affaibli et sous pression d'une large partie de la société basque, le groupe armé amorce ainsi un processus encore incertain.

Des militants de l'ETA vêtus de noir et cagoulés présentent des armes à deux des experts de la Commission internationale de vérification du cessez-le-feu.
Des militants de l'ETA vêtus de noir et cagoulés présentent des armes à deux des experts de la Commission internationale de vérification du cessez-le-feu. Crédit : AFP
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C'est un premier pas vers le désarmement d'ETA qui a été franchi ce samedi 1 mars. "Le processus de mise sous scellés des armes a commencé et l'engagement de l'ETA est de le mener à son terme, jusqu'aux dernières armes", écrit le groupe, plus de deux ans après avoir abandonné définitivement la violence, dans un communiqué daté du 24 février, publié par le journal basque Gara.

L'ETA confirme ainsi l'annonce faite le 21 février à Bilbao, par la Commission internationale de vérification du cessez-le-feu. Mais il prévient, résume Gara, que ce processus, "difficile et non exempt de difficultés", ne dépend pas seulement "de la volonté de l'ETA et du professionalisme de la commission" : un signal à l'adresse du gouvernement espagnol, qui ne reconnaît pas la légitimité de ces experts et refuse tout dialogue.

Difficultés autour de la question des militants emprisonnés

Le groupe explique qu'il entend garantir que "ses armes et explosifs" se trouvent "hors d'usage opérationnel", offrir un climat de "sécurité" au Pays Basque et préparer la voie à une solution portant sur "l'ensemble des conséquences du conflit politique".

Par cette dernière formule, l'ETA fait référence notamment au sort de ses militants - plus de 500 - dispersés dans les prisons espagnoles et françaises, dont une grande partie de la société basque réclame le rapatriement dans la région, un point sur lequel Madrid refuse de transiger. Cette question des prisonniers est restée, depuis l'annonce historique de l'abandon de la violence, le 20 octobre 2011, le principal abcès de fixation entre l'ETA et le gouvernement espagnol, qui ne cesse de réclamer la dissolution sans conditions de l'organisation.

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La numéro deux du Parti populaire, de droite, au pouvoir en Espagne, Maria Dolores de Cospedal, a immédiatement rétorqué samedi que l'ETA devait "cesser de faire du théâtre et se dissoudre une fois pour toutes".

Plus qu'une trentaine de militants dans la clandestinité

Derrière ce blocage apparent, les lignes ont pourtant bougé au Pays Basque, à mesure que les partis de la gauche indépendantiste, qui défendent leurs objectifs par les voies pacifiques, gagnaient en influence, devenant en 2012 la deuxième force politique régionale derrière les nationalistes conservateurs du PNV, qui dirigent désormais la région.

L'ETA, qui ne compterait plus qu'une trentaine de militants dans la clandestinité, a parallèlement multiplié les signaux, après avoir lutté par les armes, pendant plus de 40 ans, pour l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre. Un message essentiel est venu le 28 décembre du collectif de prisonniers EPPK, qui entérinait l'abandon de la violence et semblait abandonner la demande d'une amnistie collective, une revendication historique de l'ETA.

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