2 min de lecture Kenya

Kenya : les islamistes somaliens menacent les Kenyans d'une "épouvantable guerre"

Les islamistes somaliens shebab, responsables du massacre de l'université de Garissa le 2 avril, menacent le Kenya d'une "longue, épouvantable guerre".

Depuis octobre 2011, le Kenya a été le théâtre d'une série d'attaques attribuées aux shebab (illustration).
Depuis octobre 2011, le Kenya a été le théâtre d'une série d'attaques attribuées aux shebab (illustration). Crédit : STRINGER / AFP
Marion Dautry
Marion Dautry
et AFP

Les islamistes somaliens shebab ont menacé samedi 4 avril le Kenya d'une "longue, épouvantable guerre" et d'un "nouveau bain de sang", deux jours après avoir le massacre de l'université de Garissa (est).
 
Jeudi 2 avril, le groupe terroriste a attaqué l'université de Garissa, située à 150 kilomètres de la frontière somalienne, faisant au moins 148 morts et près de 80 blessés. La grande majorité des victimes sont des étudiants, surpris pendant la prière ou leurs heures de repos. Les chrétiens ont été séparés des musulmans pour être abattus. Les forces de sécurité kényanes sont intervenues, tuant quatre assaillants.

Forcer le retrait du Kenya de Somalie

A chaque attaque contre le Kenya, les shebab, affaiblis à domicile sur le plan militaire, disent sanctionner la présence militaire kényane en Somalie. Ils menacent aussi les autres pays contributeurs de l'Amisom (la mission de l'Union africaine en Somalie), mais y passent rarement à l'acte.

"Si Dieu le permet, rien ne nous arrêtera dans notre vengeance des morts de nos frères musulmans jusqu'à ce que votre gouvernement cesse son oppression et jusqu'à ce que toutes les terres musulmanes soient libérées de l'occupation kényane, ont-il lancé dans un communiqué publié en anglais. Jusqu'à cette date, le sang va couler à flots rouges dans les villes du Kenya, cela va être une longue, épouvantable guerre dont vous, la population kényane, êtes les premières victimes".

Une cible facile

Les shebab essaient "de survivre en s'attaquant au seul pays de la zone où c'est facile", souligne Hervé Maupeu, maître de conférence à l'université française de Pau. Ils hésitent "à frapper l'Ethiopie (à l'armée puissante et disciplinée), l'Ouganda est trop loin, le Burundi aussi". Et Garissa, important centre commercial entre la Somalie et le Kenya, est une cible d'autant plus "facile" qu'elle est proche de la Somalie et abrite les "relais nécessaires".

À lire aussi
Les criquets pèlerins envahissent de nouveau l'Afrique de l'Est Afrique
Afrique de l'Est : une invasion de milliards de criquets provoque une crise alimentaire

La corruption, endémique au Kenya, entrave encore plus le travail de forces de l'ordre régulièrement pointées du doigt pour leur incompétence. Le pays est d'autant plus vulnérable qu'il a laissé les islamistes radicaux infiltrer la société, notamment sur la côte majoritairement musulmane et le long de la frontière.

"Le Kenya est tristement célèbre (...) pour une politique (...) de criminalisation des communautés entières, sans réellement faire le travail de contre-radicalisation qui s'impose (..) pour couper l'herbe sous le pied des radicaux", dénonce Roland Marchal, chercheur spécialiste de la Somalie.

En septembre 2013, une poignée de terroristes shebabs avaient attaqué le centre commercial Westgate à Nairobi, la capitale, retenant des dizaines d'otages pendant quatre jours. L'attaque avait fait près de 70 morts, dont plusieurs français.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Kenya Terrorisme Afrique
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants