2 min de lecture Terrorisme

Kenya : le cerveau présumé de l'attentat de Garissa identitifié

PORTRAIT - La police kényane pense avoir identifié l'homme suspecté d'être le cerveau de l'attaque terroriste contre l'université de Garissa.

Qui sont les Shebab ?
Qui sont les Shebab ? Crédit : STRINGER / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

L'enquête des autorités kényanes avance à la suite de l'attaque de l'université de Garissa, qui a fait 148 morts. Mohamed Mohamud, soupçonné d'en être le cerveau, est un ex-enseignant kényan présenté comme "tranquille" avant sa radicalisation. Egalement connu sous les pseudonymes de "Kuno", "Dulyadin" ("l'homme aux bras longs") et "Gamadhere" ("l'ambidextre"), Mohamed Mohamud, membre présumé du mouvement islamiste shebab qui a revendiqué le massacre, est aussi recherché pour une série d'autres raids perpétrés en 2014 dans le Nord-Est kényan frontalier de la Somalie. 

La police offre une récompense de 20 millions de shillings (200.000 euros) pour toute information susceptible de mener à l'arrestation de ce cinquantenaire. Né en Ethiopie, dans une famille issue du très puissant clan somali Ogaden, réparti aux confins de l'Ethiopie, de la Somalie et du Kenya, il serait arrivé enfant à Garissa, dans l'est kényan majoritairement peuplé d'habitants d'ethnie de somalie comme lui, et possède la nationalité kényane. 

Un habitué des groupes islamistes

La police kényane à même déjà fait circuler des photos de Mohamed Mohamud, un homme mince à la barbe courte. Les informations émanant de sources policières locales montre que le présumé cerveau des attentats a dirigé une école coranique, à Garissa. C'est sa radicalisation qui le mènera de nouveau en Somalie pour intégrer l'Union des tribunaux islamiques.

Un correspondant de l'AFP qui l'a rencontré plus tard dans la capitale somalienne, Mogadiscio, alors qu'il avait rejoint les shebab, se souvient de lui comme d'une figure du mouvement, l'un des tenants de sa ligne dure. Il dirigeait alors une unité du mouvement appelée "Jugta-Culus" ("Ceux qui frappent dur"). 

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A la fin des Tribunaux islamiques, défaits début 2007 par les troupes éthiopiennes, Mohamed Mohamud, qui passe pour une personne éduquée, "tranquille et posée", rejoint d'abord la milice islamiste Ras Kamboni. Mais cette milice va se scinder en deux, un camp, dont il fait partie, rejoignant les shebab, et l'autre, mené par Ahmed Madobe, s'alliant à l'armée kényane entrée en Somalie fin 2011 pour combattre les shebab. 

Mohamed Mohamud
Mohamed Mohamud Crédit : KENYA INTERIOR MINISTRY / AFP

Les shebab promettent d'autres attaques



Au sein des shebab, Mohamed Mohamud devient vite un chef des opérations dans le sud somalien, recevant spécifiquement pour mission, en raison de sa connaissance du terrain, de combattre au Kenya. La police kényane le pense responsable de plusieurs attaques meurtrières contre des civiles

Vendredi, les shebab ont menacé le Kenya de nouvelles attaques, affirmant que celle de Garissa avait été menée en représailles de "persécutions systématiques contre les musulmans du Kenya". De nombreuses récompenses ont été offertes en échange d'informations permettant de localiser des commandants shebab. Souvent bien supérieures à celle proposée pour Mohamed Mohamud, et offertes par Washington, elles ont plusieurs fois débouché sur des frappes de drones américaines destinées à les assassiner

Depuis jeudi, "cinq personnes ont été arrêtées", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mwenda Njoka. "Nous les soupçonnons d'être des complices des assaillants, nous tentons d'établir des liens". Parmi eux, "deux ont été arrêtés à l'intérieur du complexe de l'université", a-t-il ajouté. 
"L'un est un Tanzanien, nommé Rashid Charles Mberesero, il était caché dans le plafond de l'université en possession de grenades. Le second est un vigile (soupçonné d'avoir) aidé les assaillants à entrer, son nom est Osman Ali Dagane, c'est un Kényan d'ethnie somali", a détaillé M. Njoka. 

Les Shebab ont revendiqué l'attaque contre l'université de Garissa
Les Shebab ont revendiqué l'attaque contre l'université de Garissa Crédit : I. Vericourt / G. Handyside, gil/jj/kt/dmk / AFP
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