3 min de lecture Relance économique

Joe Biden : pourquoi investit-il 2.000 milliards dans les autoroutes et les ponts ?

Dans son plan de relance, le président américain Joe Biden vise à rénover 32.000 km de route, 10.000 ponts, pour plus de 2.000 milliards de dollars.

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Pourquoi Joe Biden investit-il 2.000 milliards dans les autoroutes et les ponts Crédit Image : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par William Vuillez

Joe Biden a présenté à Pittsburgh son plan de relance, plus de 2.000 milliards de dollars. Et c'est le plan bis, le deuxième plan Biden. Car il y a déjà eu une enveloppe de 1.900 milliards débloquée sous forme de chèques pour soutenir le pouvoir d'achat des Américains. Ce qui est frappant, c'est la force des symboles que le nouveau président a voulu utiliser pour faire passer ce vaste plan d'investissement de 2.200 milliards de dollars sur 10 ans.

Il joue sur sa personne de vieux président, cabossé par la vie, à la Roosevelt et il choisit une région qui est une ancienne gloire de l'Amérique, en train de se relever grâce aux nouvelles technologies, pour annoncer ce plan. Pittsburgh est une terre ouvrière, c'est l'Amérique des cols bleus. On l'appelle la Rusty Belt, la ceinture de la rouille. Au XIXème siècle, elle a été une ville riche, portée par l'industrie métallurgique et la révolution industrielle.

Mais le fer a rouillé, la ville s'est endormie. C'est frappant quand vous arrivez dans cette ville, vous voyez une série de grands ponts métalliques ocres qui s'arriment à la ville. Vous êtes sur une autoroute où la chaussée est abimée et où les cadavres de pneus de camions déroulés comme des rubans traînent sur le bord de la route.

Pittsburgh est tombée comme une pierre au XXème siècle. C'est l'Amérique qui a décroché. Mais depuis 20 ans, c'est aussi une ville qui s'appuie sur une université de très bon rang, la Carnegie Mellon et la ville a été l'une des premières à proposer le wifi gratuit dans les rues.

Biden joue sur la résilience de la ville pour vendre son plan de relance

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Joe Biden va devoir batailler avec les Républicains pour faire voter ce plan. Pittsburgh, c'est l'Amérique éternelle, celle de la conquête et du chemin de fer. Biden, lui, se voit comme le Roosevelt du XXIème siècle. Il arrive après une crise, comme Roosevelt. Il prend la suite d'un président républicain qui n'a pas géré l'ampleur de la crise. Hoover d'un côté et Trump de l'autre.

Et Biden lance un plan qui vise à rénover 32.000 km de route, 10.000 ponts. Tous les présidents promettent ce genre de chantiers, Trump l'avait fait en début de mandat. Il avait annoncé 1.500 à 1.700 milliards sur 10 ans. On ne les a pas vus. C'est comme ça depuis Roosevelt mais la différence, c'est que cette fois, le monde entier va investir massivement en associant la rénovation des vieilles infrastructures et en misant sur les nouvelles technologies et la voiture autonome. On voit souvent l'Amérique comme un pays ultra-moderne, mais un tiers des Américains n'a pas accès à Internet haut débit.

L'occasion de donner un signal politique

Biden va financer son plan en taxant les entreprises, un marqueur à gauche. C'est aussi l'occasion de donner un signal politique bien sûr. Biden veut remonter l'impôt sur les sociétés à 28%. Donald Trump l'avait baissé à 21%. 28%, c'est environ le niveau de l'impôt sur les sociétés en France, en ce moment. Évidemment, ça coince du côté républicain.

Mais ce qui est intéressant, c'est que Joe Biden a plutôt les grandes multinationales comme Amazon et l'ensemble des GAFA dans le viseur plutôt que l'entrepreneur de l'Ohio. Finalement, il tient le même discours que chez nous. Sur ce point, on voit bien que ce sont les entreprises du numérique, qui se sont développées en jouant à cache-cache avec le fisc, qui vont régler la note de la pandémie.

Un plan colossal comparé à l'Europe

Ce n'est pas choquant car elles ont travaillé pendant le confinement et on va ressortir de cette crise avec un monde beaucoup plus digitalisé. Les GAFA eux-mêmes se sont plus ou moins résolues à rentrer dans le rang des impôts. Plus de 2.000 milliards de dollars sur 10 ans, c'est quand même une enveloppe colossale comparée à l'Europe. Les États-Unis, ce sont 330 millions d'habitants pour 2.000 milliards d'investissements sur 10 ans.

L'Europe à 27, ce sont 450 millions d'habitants pour 750 milliards d'investissements. Et c'est un débat qui est en train de monter chez nous, pour dire que le plan de relance est trop timoré en Europe. Mais on sait que c'est plus difficile de décider à 27 que tout seul.

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