3 min de lecture Brexit

Jo Cox, une députée britannique pro-européenne tuée après une violente agression

La députée travailliste de 41 ans aurait reçu plusieurs balles et des coups de couteau. La campagne sur le Brexit a été suspendue.

Jo Cox à la Chambre des communes
Jo Cox à la Chambre des communes Crédit : AFP PHOTO / PRU

Jo Cox, une députée travailliste pro-UE de 41 ans, est morte des suites de ses blessures après avoir été victime d'une agression par balles jeudi à Birstall (nord de l'Angleterre), a annoncé la police locale, à une semaine du référendum sur l'Union européenne. "J'ai le regret d'annoncer qu'elle est morte des suites de ses blessures", a indiqué la chef de la police locale, Dee Collins, lors d'une conférence de presse. Le décès a été prononcé à 12h48. Ce drame a entraîné la suspension de la campagne pour le référendum sur un maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

Cette agression intervient alors que deux nouveaux sondages ont donné gagnant jeudi un Brexit (ou British Exit), renforçant l'inquiétude à Bruxelles et dans les milieux économiques. La police a confirmé dans un communiqué qu'une femme d'une quarantaine d'années avait été grièvement blessée et se trouvait dans un état critique mais sans dévoiler son identité. Un homme de 52 ans a été arrêté, ont ajouté les forces de l'ordre. La députée de la circonscription de Batley et Spen (West Yorkshire) s'est effondrée dans une mare de sang, selon un témoin cité par l'agence Press Association. Alors que la campagne pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne bat son plein à sept jours du scrutin, l'agresseur aurait crié "Britain first", soit "Le Royaume-Uni d'abord" selon un autre témoin cité par la chaîne Sky News, une information non confirmée officiellement. Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé qu'il annulait un meeting politique prévu dans la soirée à Gibraltar, où il est arrivé en fin de journée. 

Il s'est dit, sur Twitter, "très préoccupé par les informations selon lesquelles Jo Cox a été blessée. Nos pensées et nos prières vont à Jo et à sa famille". Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit "terriblement choqué par la terrible attaque contre la députée Jo Cox" sur son compte Twitter, adressant "pensées et prières à son mari et ses enfants". Le camp du "Stronger In", défendant un maintien dans le bloc des 28, a rapidement indiqué sur Twitter "suspendre tous les événements de campagne du jour. Nos pensées sont avec Jo Cox et sa famille". Le chef de file des partisans du Brexit, Boris Johnson, qui était dans son bus de campagne dans l'est de l'Angleterre, a également annoncé qu'il cessait son action pour la journée.
                   
La campagne officielle pro-Brexit "Vote Leave" n'a en revanche pas officiellement pris position sur un arrêt de la campagne, selon un porte-parole. "Horrifié par ce que j'entends sur l'attaque de Jo Cox. Je lui souhaite un prompt rétablissement", a quant à lui tweeté Nigel Farage, le chef du parti europhobe Ukip. Le chef du Labour, Jeremy Corbyn s'est dit "profondément choqué par les informations faisant état d'une attaque contre Jo Cox. Les pensées de l'ensemble du Parti travailliste vont à elle et à sa famille", a-t-il commenté. L'agression est intervenue le jour où deux sondages publiés coup sur coup, Ipsos-Mori et Survation, ont donné le camp du Brexit vainqueur, à 53% contre 47% pour le premier, à 52% contre 48% pour le second. Ces deux enquêtes, réalisées par téléphone, étaient très attendues puisque les précédentes pointaient jusque-là nettement en faveur d'un maintien dans l'UE. 

Elles ont renforcé l'inquiétude, que ce soit dans les salles de marché de la City de Londres ou dans les couloirs de Bruxelles, même si le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a estimé que l'Union européenne ne sera pas "en danger de mort" si le Brexit l'emporte. A Londres, la Banque d'Angleterre a rappelé qu'elle considérait le référendum comme le "plus gros risque immédiat" pour les marchés financiers britanniques et mondiaux. Le quotidien des affaires, le Financial Times a sans surprise pris position pour un maintien du Royaume-Uni dans l'UE dans un éditorial jeudi, mettant en garde contre l'acte d'"automutilation" que représenterait selon lui un Brexit. Il est devenu le deuxième quotidien britannique à prendre clairement position: mardi, le quotidien populaire Sun avait lui appelé ses 3,5 millions de lecteurs à voter pour un Brexit. 

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