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"Je leur ai dit : 'on part demain'" : l'ambassadeur de France en Iran raconte sur RTL les coulisses de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris

Le diplomate a raconté l'émotion des deux ex-otages lorsqu'ils ont, ensemble, réussi à quitter le pays qui les a retenu près de 4 ans.

Pierre Cochard, ambassadeur de France en Iran, face à Fogiel, le 9 avril.

Crédit : RTL

"Je leur ai dit : 'on part demain'" : l'ambassadeur de France en Iran raconte sur RTL les coulisses de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris

00:10:13

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Marc-Olivier Fogiel & Jérémy Descours

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Tout juste arrivés en France, Cécile Kohler et Jacques Paris ont exprimé, mercredi 8 avril, leur "bonheur immense" de retrouver leurs proches, après quasiment quatre ans de détention "inhumaine" durant lesquels ils ont vécu "l'horreur quotidienne" et "l'arbitraire permanent".

Mais leur libération ne s'est pas jouée en un instant, mais dans une succession de décisions fragiles, de tensions imprévues et d'heures suspendues. Après plus de quatre ans de détention en Iran, leur retour en France a pris la forme d'un véritable périple. Pour quitter le pays, ils ont dû parcourir des centaines de kilomètres, traversant la nuit et les incertitudes. Pendant près de dix heures, leur convoi a roulé en direction de la frontière avec l'Azerbaïdjan, dans un contexte marqué par les bombardements et une insécurité permanente.

Invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce jeudi 9 avril, l'ambassadeur de France en Iran, Pierre Cochard, a raconté les coulisses de cette opération hors norme. À ses côtés pendant ces heures décisives, il a vécu chaque étape de cette extraction délicate.

"Tourner la page"

En réalité, rien n'était totalement acquis jusqu'à la dernière minute. Le "feu vert complet" n'est arrivé que la veille du départ, concrétisant des mois de négociations discrètes. Ces discussions, loin des formats classiques, se sont déroulées dans une atmosphère de méfiance. Les échanges se faisaient essentiellement par téléphone : les interlocuteurs iraniens redoutaient en effet les rencontres physiques, certains étant eux-mêmes "ciblés". 

Malgré ces contraintes, des lignes ont bougé. Dès le départ, les diplomates français avaient identifié, au sein du régime iranien, des acteurs prêts à "tourner la page". Aucun facteur unique n'explique l'issue, mais une convergence d'intérêts, appuyée notamment par un soutien discret d'Oman, a permis de débloquer la situation. Au bout du compte, cette libération est "le résultat de mois de travail".

Le moment de l'annonce reste l'un des plus intenses. ""Je leur ai dit : 'on part demain à 22h'", raconte Pierre Cochard sur RTL. La réaction mêle "euphorie et inquiétude". Car si l'espoir renaît, le plus risqué reste à venir.

"Retrouver une vie normale"

Le trajet s'organise dans une grande discrétion. Six personnes prennent place dans le véhicule, conduit par une Iranienne. Les rues sont presque désertes. Chaque détail est anticipé : l'itinéraire est surveillé pour éviter tout obstacle, tandis qu'une coordination est mise en place avec les autorités iraniennes. Par ailleurs, le trajet est également signalé aux Américains et aux Israéliens.

Le départ a lieu à l'aube, à 6h30. Pendant neuf heures, la voiture progresse vers la frontière. Le groupe reste bloqué trois heures au poste-frontière en raison des informations qui ne sont pas redescendues. Il faut négocier, encore. "En Iran, il faut être prêt à ces circonstances", ajoute l'ambassadeur. 

Puis vient le moment décisif : la traversée du pont qui marque la frontière entre l'Iran et l'Azerbaïdjan. Pour la première fois depuis des années, Cécile Kohler et Jacques Paris peuvent appeler leurs proches, notamment leurs parents. "Il y avait beaucoup d'émotions", souffle Pierre Cochard. 


Depuis leur retour, les deux anciens otages ont passé leur première nuit à l'hôpital - "une procédure normale" explique l'ambassadeur, mais leur état est jugé rassurant. Ils restent "combatifs" et animés par une volonté simple : "retrouver une vie normale".

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