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Irak : à Bagdad, un adolescent lynché et pendu par la foule

Un adolescent a été roué de coups et pendu, jeudi 12 décembre, par des manifestants à Bagdad, en Irak. Un communiqué, signé "Les manifestants de Tahrir" et diffusé sur les réseaux sociaux, a dénoncé "un plan machiavélique visant à ternir la réputation des manifestants pacifiques".

Des manifestants sur la place Tahrir à Bagdad, en Irak.
Des manifestants sur la place Tahrir à Bagdad, en Irak. Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Camille Descroix
Camille Descroix
et AFP

Un adolescent accusé d'avoir attaqué des manifestants a été lynché puis pendu ce jeudi 12 décembre à Bagdad, ont rapporté policiers et témoins à l'AFP, au risque de ternir l'image d'un mouvement se réclamant du "pacifisme".

Tôt le matin, un différend a éclaté entre un adolescent de 17 ans et des manifestants sur la place al-Ouathba, proche de la place Tahrir, épicentre de la contestation contre le pouvoir et son parrain iranien depuis plus de deux mois, indiquent des sources policières.

Des manifestants, dont certains ont accusé la police de ne pas les protéger du "saboteur", ont alors incendié la maison du jeune homme, attenante à la place, poursuit la source policière. Ils l'ont ensuite sorti contre son gré, sans que les forces de l'ordre ne puissent les raisonner, assure-t-elle.

Acharnement sur ce jeune homme

Sur des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux, des membres des forces de sécurité apparaissent aux abords de ce qui semble être la maison du jeune homme, mais semblent avoir quitté les lieux lorsque la foule y fait irruption puis traîne l'adolescent au sol sur des dizaines de mètres.

De nombreuses personnes lui donnent des coups de pieds et de couteau quand il passe devant eux, selon ces images. L'adolescent, uniquement vêtu d'un caleçon, est ensuite hissé, attaché par les chevilles et tête en bas, à un feu de circulation au milieu de la place al-Ouathba.

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Son corps inanimé a ensuite été décroché, ont indiqué à l'AFP des témoins sur place, et amené à la morgue de la médecine légale. Un communiqué, signé "Les manifestants de Tahrir" et diffusé sur les réseaux sociaux, a dénoncé "un plan machiavélique visant à ternir la réputation des manifestants pacifiques" et assuré que les milliers d'Irakiens sur la place "n'ont rien à voir avec les événements de la matinée".

Des réactions en rafale

Les images ont provoqué un vif débat en Irak et suscité des réactions de politiciens. Un compte Twitter proche de Moqtada Sadr a menacé de retirer la protection des combattants du leader chiite aux manifestants. "Si sous 48 heures, les terroristes responsables ne sont pas débusqués, les casquettes bleues devront se retirer de toutes les places où les manifestants se rassemblent", est-il écrit.

Les "casquettes bleues" sont les combattants non armés de la branche armée du mouvement de Moqtada Sadr. Ils s'étaient interposés vendredi soir entre les manifestants et des hommes armés lors d'une tuerie près de Tahrir. De son côté, Qaïs al-Khazali, puissant chef milicien pro-Iran récemment visé par des sanctions américaines a aussitôt dénoncé sur Twitter "le chaos" contre lequel il mettait en garde depuis le début des manifestations, dans lesquelles il voit un "complot" contre l'Irak.

"Jusqu'à quand va durer le chaos, l'absence de la loi, la faiblesse des forces de sécurité, la prolifération des armes et des milices répugnantes ?", a-t-il demandé, alors que les manifestants accusent les factions armées pro-Iran de jouer un rôle dans les tueries et les enlèvements.

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