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"Il s'est aspergé et il a mis le feu" : un homme "marginal et perturbé" qui s'est immolé à l'origine de l'incendie meurtrier d'un autocar en Suisse

L'incendie mortel, qui a fait six morts et six blessés mardi près de Fribourg, a été déclenché par l'immolation d'un homme décrit comme "marginal et perturbé", selon de premiers témoignages rapportés par le procureur du Canton.

Un car postal passe devant des fleurs le 11 mars 2026 à Kerzers, en Suisse occidentale, au lendemain de l'incendie d'un bus de la même compagnie, le 10 mars 2026,

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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L'incendie d'un autocar qui a fait six morts et cinq blessés mardi soir près de Fribourg en Suisse a, selon les premiers témoignages, été déclenché par un homme "marginal et perturbé" qui s'est immolé à l'intérieur du véhicule, a annoncé mercredi 11 mars à la presse le procureur du canton.

"Les auditions d'un témoin ont rapporté qu'un homme, dont l'enquête a révélé qu'il était d'origine suisse (...) est monté dans ce bus avec des sacs dans les mains. À un moment donné, il s'est aspergé d'un produit inflammable et il a mis le feu", a indiqué Raphaël Bourquin.

"S'agissant des mobiles, il n'y a absolument aucun élément qui laisse entendre qu'il pourrait s'agir d'un acte terroriste. Au contraire, la famille avait annoncé sa disparition et les éléments actuels d'enquête la décrivent comme une personne marginale et perturbée", a ajouté le procureur général, précisant qu'il "apparaît que cette personne ferait partie des personnes décédées".

Les autorités cantonales ont également indiqué que le suspect, dont l'identité reste à confirmer, serait un homme d'une soixantaine d'années, davantage connu du milieu médical que du milieu judiciaire. Il ferait partie des personnes décédées durant l'incendie. Les victimes potentielles sont nées entre 1961 et 2009.

Concernant les circonstances du drame, le commandant de police Philippe Allain, cité par Le Temps, a fait savoir que les portes du bus se sont ouvertes durant l'incendie, sans savoir sous quel effet, ni pourquoi les passagers n'ont pas pu quitter le véhicule.

Une "hotline" destinée aux témoins de l'incident

Mercredi matin, Martial Pugin, le chef de la communication de la police cantonale, avait confirmé que "l'acte volontaire est privilégié" mais précisé que "pour l'heure aucun élément ne met en évidence" un acte terroriste, dans un entretien à la Radio télévision suisse (RTS).

"À l'heure actuelle, la police privilégie une cause humaine à l'origine de l'incendie, et même un acte volontaire", avait annoncé mardi soir à l'AFP l'adjudant de police cantonale Frédéric Papaux, sans pouvoir s'avancer sur d'autres éventuelles hypothèses comme un suicide par immolation. "Il n'y a pas d'autres véhicules impliqués, il n'y a que le car. Et ce car a pris feu (...) Nous essayons (...) de déterminer la raison précise de pourquoi ça s'est produit", a expliqué M. Papaux. La police n'a pu indiquer combien de passagers se trouvaient à bord du véhicule au moment de l'embrasement.

Selon la police, l'incendie s'est produit vers 18h25 sur la MurtenStrasse, la rue principale de cette petite ville située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Berne. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des flammes de plusieurs mètres s'élevant des fenêtres au milieu du véhicule. Tôt mercredi matin, la carcasse calcinée du véhicule a été enlevée de la chaussée, laissant quelques traces de goudron fondu au sol et une légère odeur de brûlé, a constaté un journaliste de l'AFP. Les enquêteurs avaient poursuivi son inspection jusque tard dans la nuit.

Pour tenter d'élucider les circonstances de l'incendie, la police a annoncé l'ouverture d'une "hotline" destinée aux témoins de l'incident et le ministère public du canton a immédiatement ouvert une enquête.

L'autocar, qui assurait la liaison entre Düdingen (Guin en français) et Kerzers, appartient à la compagnie CarPostal, principale entreprise suisse de transport public régional sur route, dont les véhicules jaunes emblématiques sont empruntés chaque jour par un demi-million d'écoliers, touristes et habitants de localités isolées.

"C'est une terrible tragédie qui s'est produite hier à Chiètres. Comme moi, tous les collaborateurs de CarPostal et de la Poste sont choqués et touchés", a réagi dans un communiqué Stefan Regli, le PDG de CarPostal. Le président de la confédération suisse Guy Parmelin s'est dit sur X "profondément choqué et attristé d'apprendre qu'une fois de plus, des personnes ont perdu la vie dans un grave incendie en Suisse".

Ce drame survient un peu plus de deux mois après l'incendie d'un bar qui avait fait 41 morts et 115 blessés, dont de nombreux touristes, la nuit du Nouvel an dans la station de ski de Crans-Montana.

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