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Harvey Weinstein avait engagé des ex-agents secrets pour étouffer le scandale

L'hebdomadaire "New Yorker" a fait des révélations sur les méthodes ahurissantes utilisés par Harvey Weinstein dans le but d'étouffer les révélations sur ses abus sexuels présumés.

Harvey Weinstein, l'un des plus puissants producteurs d'Hollywood
Harvey Weinstein, l'un des plus puissants producteurs d'Hollywood
Crédit : VALERY HACHE / AFP
Nicolas Skopinski & AFP

Harvey Weinstein a employé des moyens colossaux pour tenter d'étouffer les révélations sur ses abus sexuels présumés, utilisant par l'intermédiaire de ses avocats les services d'ex-agents secrets enquêtant sous de fausses identités ou des journalistes de la presse à scandale, affirme le New Yorker dans son édition du lundi 6 novembre.

Selon l'article, le producteur en disgrâce a déployé cette "armée d'espions" depuis au moins l'automne 2016. Le New Yorker cite des dizaines de documents et sept personnes directement impliquées dans les efforts du producteur déchu pour empêcher en vain la publication d'accusations à son encontre.

D'après l'hebdomadaire, une ex-agent israélienne, employée de la société Black Cube, dont le contrat prévoyait au moins 200.000 dollars d'honoraires, a notamment contacté l'actrice Rose McGowan, l'une des principales accusatrices de Harvey Weinstein, en prétendant être une militante pour les droits des femmes.

Weinstein et son équipe ont aussi enquêté sur les reporters eux-mêmes, y compris leur vie personnelle et sexuelle et leurs précédentes enquêtes et potentiels litiges, pour tenter de les contredire, les discréditer ou les intimider. Son équipe a notamment rassemblé des éléments sur l'ex-femme du reporter. 

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L'ancien maître d'Hollywood, aujourd'hui visé par des enquêtes policières à Londres, New York et Los Angeles, "surveillait personnellement les progrès de ces enquêtes".
Certaines étaient orchestrées par les avocats de Weinstein y compris David Boies, célèbre notamment pour avoir défendu Al Gore lors du litige sur le scrutin présidentiel de 2000 et pour avoir plaidé en faveur du mariage gay devant la Cour suprême, bien que son cabinet défende par ailleurs le New York Times dans un procès pour diffamation.

"Des pratiques ordinaires" pour son avocate

Selon le New Yorker, Harvey Weinstein a également obtenu des informations de Dylan Howard, directeur des contenus d'American Media Inc. qui publie le magazine de ragots National Enquirer. L'un des journalistes de National Enquirer a notamment appelé l'ex-femme d'un réalisateur ayant eu une relation amoureuse avec Rose McGowan, Roberto Rodriguez, pour lui faire dire des commentaires négatifs sur la comédienne.

La célèbre avocate de célébrités Blair Berk, qui fait partie de l'équipe légale d'Harvey Weinstein, a décrit ces méthodes comme ordinaires. "Tout avocat de défense au pénal qui se respecte enquêterait sur des allégations non prouvées pour savoir si elles sont crédibles".

Le New Yorker écrit également que des ex-employés de Weinstein ont été recrutés sous le faux prétexte de faire des recherches pour un livre sur "les belles années de Miramax", la maison de production co-fondée par Harvey Weinstein et son frère Bob. Au lieu de cela, ils ont été utilisés pour rassembler des listes d'anciens employés et d'actrices, les contacter... et les intimider.

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