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Désignées comme "traîtres" et ultra-surveillées, le stratagème sous haute tension de footballeuses iraniennes pour obtenir l'asile en Australie

Cinq footballeuses de l'équipe nationale d'Iran ont réussi à échapper à la surveillance constante de leurs équipes de sécurité pour obtenir l'asile en Australie. Une sixième personne a également sollicité Canberra, juste avant de s'envoler pour la Malaisie.

Une photo non datée et non géolocalisée, diffusée par le ministère australien de l'Intérieur, montre le ministre Tony Burke, posant avec (à gauche) Fatemeh Pasandideh, Mona Hamoudi, Atefeh Ramezanizadeh, Zahra Ghanbari et Zahra Sarbali.

Crédit : HANDOUT / AUSTRALIAN DEPARTMENT OF HOME AFFAIRS / AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Une opération millimétrée. Six joueuses de l'équipe iranienne féminine de football ont obtenu l'asile en Australie, a annoncé le ministre de l'Intérieur Tony Burke, mercredi 10 mars. Cette décision a été prise de crainte qu'elles ne soient persécutées à leur retour en Iran, après avoir été désignées comme "traîtres" dans leur pays, pour avoir refusé de chanter l'hymne national avant un match de la Coupe d'Asie.

Pour ce geste, qu'elles n'ont pas répété lors des rencontres suivantes, les joueuses avaient été qualifiées de "traîtresses en temps de guerre" dans leur pays, représentant le "summum du déshonneur". Cinq membres de l'équipe féminine nationale, dont la capitaine Zahra Ghanbari, ont ensuite demandé et obtenu l'asile en Australie. 

Le reste de la délégation, qui comptait 26 membres au départ, a quitté le pays pour la Malaisie où elle est arrivée tôt ce mercredi 11 mars au matin. La formation a rejoint un hôtel de la capitale malaisienne et attend de reprendre son voyage vers l'Iran, difficile à rejoindre en raison de la guerre qui a conduit à l'interruption de nombreuses liaisons aériennes, a déclaré la Confédération asiatique de football. 

Échappées de leur hôtel

Obtenir l'asile n'a pas été simple pour les Iraniennes. Selon SBS News, elles étaient constamment surveillées par une équipe de sécurité et n'étaient pas autorisées à se promener seules dans leur hôtel. Elles étaient également escortées jusqu'à une salle de conférence pour prendre leur repas. 

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Selon Tony Burke, un policier a réussi à s'infiltrer parmi les équipes de l'hôtel pour créer le "maximum d'opportunités" permettant aux Iraniennes de demander l'asile. D'après le média australien ABC News, cinq d'entre elles ont réussi à se rendre seules dans leur chambre, échappant à la surveillance des services de sécurité.

Elles ont ensuite été conduites dans une pièce privée pour s'entretenir avec l'agent d'immigration Naghmeh Danai. "Elles étaient très stressées", raconte l'intéressée à ABC News. Selon cette dernière, les sportives, "voulaient rester" mais s'inquiétaient des "conséquences" pour leur famille mais aussi pour leur nouvelle vie en Australie. "Avons-nous le droit de travailler ?", ont-elles notamment demandé. D'après Naghmeh Danai, "soumises à une forte pression", elles craignaient de ne pas réussir à "survivre" en Australie, ne parlant pas anglais. 

Les cinq joueuses se sont finalement échappées de leur hôtel le même jour et conduites en lieu sûr par la police. Selon la chaîne 10 News, leurs gardes du corps ont tenté de les rattraper, en vain.

Évacuation de leur résidence protégée

Une sixième joueuse ainsi qu'une personne de l'encadrement ont également sollicité Canberra, juste avant leur vol pour la Malaisie. Mais l'une des Iraniennes restées dans le pays océanien a finalement "changé d'avis" après avoir "parlé à certaines de ses coéquipières qui étaient parties", a indiqué le ministre de l'Intérieur Tony Burke mercredi 11 mars au Parlement. 

Celles-ci "l'ont encouragée à contacter l'ambassade iranienne", a-t-il déclaré. "En conséquence, l'ambassade iranienne a alors appris l'emplacement" des joueuses, a précisé le ministre, qui a dit avoir "donné des instructions pour que les personnes soient déplacées". Les footballeuses ont ainsi été "immédiatement" évacuées de leur résidence protégée.

Le ministre a indiqué qu'à l'aéroport de Sydney, chaque joueuse sur le départ avait eu la possibilité de demander l'asile en privé, hors de la présence de leurs accompagnants. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a salué le courage des joueuses iraniennes. Et d'ajouter : "Elles sont en sécurité ici et doivent s'y sentir chez elles."

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