3 min de lecture Espionnage américain

Espionnage américain : ce que l'on sait sur les révélations de WikiLeaks

Selon les dernières informations publiées par "Mediapart" et "Libération", l'Allemagne aurait été la cible prioritaire de la NSA.

Angela Merkel et Barack Obama, le 15 novembre 2014
Angela Merkel et Barack Obama, le 15 novembre 2014 Crédit : PETER PARKS / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Selon des informations de WikiLeaks, dévoilées par Mediapart et Libération, l'agence d'espionnage américaine, la NSA, aurait procédé à un espionnage massif de l'Allemagne, sa cible prioritaire. Le pays figurait sous une priorité très haute de surveillance, par l'agence de renseignement. 

En 2011, la NSA aurait publié deux notes montrant que "l'agence américaine a surveillé les plus hauts dirigeants allemands, dont la chancelière Angel Merkel et un de ses proches collaborateurs", explique Mediapart. Autre révélation, les services secrets britanniques sous-traités les informations récoltés pour les États-Unis.

Un espionnage économique de la France

Plus tôt, les deux médias avaient mis à jour d'autres irrégularités dans les relations entre les États-Unis et la France. En charge du ministère de l'Économie au gouvernement, les anciens ministres François Baroin et Pierre Moscovici ont été placés sur écoute. La NSA se serait livrée à un "espionnage économique massif de la France", entre 2004 et 2012, selon Mediapart, qui publie cinq synthèses d'interceptions téléphoniques.

L'objectif des services secrets américains était de surveiller l'Hexagone et "espionner les négociations de 'toute proposition de contrats français' à l'export, que ce soit dans le domaine des télécommunications, de l'électricité, du pétrole, du gaz et du nucléaire", ajoute MediapartAinsi, la NSA avait ciblé une "centaine d'entreprises du CAC40", révèle Libération.

Des réunions secrètes sur la crise grecque

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Encore plus surprenant, la NSA avait aussi placé sur écoute trois présidents de la République : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Les documents relatent des discussions confidentielles des chefs de l'État. L'une des notes de la NSA au sujet de François Hollande date du 22 mai 2012, soit quelques jours seulement après sa prise de fonction à l'Élysée. 

La NSA retranscrit une conversation entre le président et Jean-Marc Ayrault, à l'époque premier ministre. Le sujet de leur discussion concerne la crise grecque et révèle que François Hollande aurait "accepté la tenue de réunions secrètes à Paris pour discuter de la crise dans la zone euro et particulièrement des conséquences d'une sortie de la Grèce" de celle-ci.

Les États-Unis responsables de la crise financière de 2008

Concernant Nicolas Sarkozy, la note de la NSA remonte au 30 octobre 2008. L'ancien président de la République est à la tête du conseil de l'Union européenne pour le second semestre. À noter que Mediapart ne peut certifier la provenance de la source (écoutes, interceptions de conversations...) Cependant, la note prête au chef de l'État de l'époque des propos incriminant les États-Unis pour la crise financière.

"Le président Nicolas Sarkozy considère qu'il est de sa responsabilité envers l'Europe et le monde de monter au créneau et de résoudre la crise financière. Il a ensuite déclaré qu'il était le seul, étant donné la présidence française de l'UE, qui peut se jeter dans la bataille à ce moment. Le président impute nombre des problèmes économiques actuels à des erreurs commises par le gouvernement américain mais croit que Washington suit désormais certains de ses conseils".

Barack Obama joue l'apaisement

En réaction, la Maison Blanche a assuré que ces écoutes ne ciblaient pas les communications de François Hollande. "Nous travaillons étroitement avec la France sur tous les sujets de dimension internationale et les Français sont des partenaires indispensables", a indiqué Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC). Dans un entretien téléphonique avec le président français, Barack Obama a réaffirmé "sans ambiguïté" son engagement à "en terminer avec des pratiques du passé (...) inacceptables entre alliés", selon la présidence française. À Washington, le secrétaire d'État John Kerry a réaffirmé que les États-Unis "ne ciblaient pas, et ne cibleraient pas, des amis tels que le président Hollande", reprenant mot pour mot la ligne de défense de la Maison Blanche. 

Après ces révélations, les Français jugent à 61% que les écoutes par les Etats-Unis des présidents français révélés par Wikileaks devraient être suivies de sanctions, selon un sondage Opinionway LCI Tilder. De son côté, le gouvernement avait appelé les États-Unis à "réparer les dégâts", provoqués par les pratiques "inacceptables" des services secrets. Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, avait appelé Paris à entamer des poursuites. "La souveraineté (de la France) ne peut pas être piétinée", a lancé le fondateur du site lanceur d'alertes, sur la télévision TF1, estimant que "le moment est venu pour la France" de lancer une enquête parlementaire et des poursuites.

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