1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. En Angleterre, une révolution controversée du système éducatif en vue
2 min de lecture

En Angleterre, une révolution controversée du système éducatif en vue

ÉDITO - La Première ministre britannique Theresa May a déclenché une tornade politique avec une réforme de l'éducation, et en particulier des fameuses écoles d'élites britanniques.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
En Angleterre, une révolution controversée du système éducatif en vue
03:34
En Angleterre, une révolution controversée du système éducatif en vue
03:35
François Lenglet & Loïc Farge

C'est une fuite dans la presse qui a révélé un projet qui serait une vraie révolution. Le système éducatif britannique est l'un des plus sélectifs au monde, avec, tout en haut, d'excellentes écoles, qu'on appelle curieusement les "public schools", alors qu'elle sont en réalité privées, ultra-élitistes. Le prix de ces écoles a tellement augmenté récemment que les dix années de scolarité coûtent désormais 327.000 euros en moyenne (le prix d'une maison). Et si votre enfant est pensionnaire, il faut multiplier le prix par trois, c'est-à-dire environ un million d'euros. Il y a 2.600 de ces écoles privées, qui forment quelque 600.000 élèves chaque année, parmi lesquels le célèbre collège d'Eton, bien plus cher encore.

Pour ce prix extravagant, ces écoles offrent une formation d'excellence, un accès aux meilleures universités, mais aussi un accès dans tous les réseaux de pouvoir. Dans le dernier gouvernement britannique, la plupart des ministres, à commencer par David Cameron lui-même, sortaient d'Eton. Aujourd'hui, tous les échelons supérieurs de la hiérarchie politique et économique, voire culturelle, sont occupés par les anciens élèves de ces écoles secondaires privées. Le paradoxe, c'est qu'elles sont été crées pour les pauvres, il a bien longtemps. Eton date ainsi de l'année 1404.

Recréer des "grammar school"

Theresa May veut changer le système. Ces écoles profitent d'un statut fiscal privilégié, qui sera supprimé si elles ne financent pas une nouvelle école, gratuite celle-ci, et qui sera jumelée avec elle, dans les régions déshéritées. Il n'y a quasiment plus de "public schools" au nord du pays. Elles ont toutes déserté par ces régions se sont considérablement appauvries, parce qu'il n'y a tout simplement plus de clients. Les écoles d'élite auront aussi l'obligation d'envoyer temporairement leurs professeurs dans les écoles publiques.

Les universités n'auront le droit d'augmenter les frais d'inscription que si elles subventionnent un établissement dont les performances sont médiocres à cause de la localisation, ou si elles en créent un. Il est question de recréer des "grammar school", des écoles où on entre par la sélection méritocratique, où il y aurait des filières d'accès spécifiques pour les enfants de milieu défavorisé.

Hostilité générale

À lire aussi

Cela suscite l'hostilité parce que l'école, pour les Britanniques, c'est identitaire, exactement comme pour les Français. Là, tout le monde est déchaîné. À commencer par la propre majorité conservatrice de madame May, dont les membres appartiennent bien souvent à cette élite la mieux formée, et l'opposition, qui voudrait provoquer une nouvelle élection à cause de la réforme qui, dit-elle, n'avait pas été annoncée. Sans oublier, bien sûr, les syndicats d'enseignants.

Pourquoi Theresa May se lance-t-elle dans cette bataille ? Elle explique qu'aujourd'hui, la sélection dans les bonnes écoles se fait soit par l'argent, soit par les prix de l'immobilier, c'est-à-dire encore par l'argent, puisque les bonnes écoles sont dans les bons quartiers. Elle juge que cela n'est pas admissible. Bien qu'elle soit à droite politiquement, c'est la lutte contre les inégalités britanniques qui guide son action. Il s'agit bien sûr d'une réponse politique au vote sur le Brexit, en juin dernier, qui avait été dominé justement par les exclus du système. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/