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Une fillette se rafraîchit à l'aide d'un ventilateur portable dans une école primaire pendant une vague de chaleur à Bordeaux, le 1er juillet 2025.
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
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En cette mi-juin, la France connaît son deuxième épisode de canicule de l'année. 60 départements sont en vigilance orange ce samedi 21 juin, de l'Île-de-France au nord de la région Rhône-Alpes. "Une possible vigilance rouge" pourrait être activée "dès dimanche midi", prévient Météo-France. Le pic de cette vague de chaleur est attendu lundi alors que les épreuves orales du baccalauréat se poursuivent jusqu’au 1er juillet et que celles du brevet débuteront vendredi prochain.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a indiqué sur RTL vendredi 19 juin que cinq académies - Bordeaux, Lyon, Normandie, Montpellier et Poitiers - ont pris des mesures ponctuelles pour les examens de la semaine à venir. Dans certains centres, des oraux ont été reportés. Au total, 784 établissements ont mis en place des aménagements en raison des fortes chaleurs, et 150 ont choisi de fermer leurs portes.
Ces épisodes caniculaires sont de plus en plus nombreux et contraignent les établissements à trouver des solutions pour continuer d'accueillir les enfants sans danger. Selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée en mars 2026, les températures élevées nuisent directement aux performances scolaires et les écoles devront faire face à un nombre croissant de journées dépassant les 30°C dans les prochaines décennies.
Au sein même des pays européens, les régions méridionales sont nettement plus exposées au risque de canicule que les régions du Nord. Selon une carte publiée par l’OCDE, les journées de forte chaleur se concentrent déjà dans le sud de la France, un phénomène qui devrait encore s’accentuer d’ici à 2050. Les projections indiquent également qu'en 2050 un élève français "typique" connaîtra environ vingt journées de plus de 30°C à l'école contre douze aujourd'hui.
En Espagne, les épisodes de forte chaleur touchent régulièrement les élèves pendant la période estivale. Pour limiter leurs effets, la Communauté de Madrid prévoit, lors des pics de chaleur, de déplacer certaines activités aux heures les plus fraîches de la journée. Les cours peuvent ainsi commencer plus tôt le matin, tandis que l’éducation physique est programmée lorsque les températures sont les moins élevées.
Modifier les horaires paraît relativement simple et peu coûteux, mais l'OCDE souligne que ces changements doivent être soigneusement préparés.
Ils impliquent notamment les transports scolaires, les familles et l'organisation du temps de travail des enseignants. Surtout, ils ne doivent pas entraîner une perte d'heures d'enseignement ou accentuer les inégalités entre élèves.
Pour compenser ces heures perdues, l’État du Rhode Island, aux États-Unis, a trouvé une solution en mettant en place dans son calendrier scolaire quatre journées de cours supplémentaires, mobilisables en cas d’"intempéries ou autre fermeture d’école".
Sans forcément engager de lourds et coûteux travaux, l’OCDE souligne qu’il existe des solutions moins énergivores. Elle recommande notamment de privilégier davantage d’ombre, de végétaliser les cours d’école et de favoriser la ventilation naturelle des bâtiments. Ces aménagements permettent de limiter la surchauffe tout en réduisant la consommation d’énergie.
À Madrid, le projet pilote Care for School Environments a permis d’évaluer la vulnérabilité à la chaleur de 241 écoles publiques. Mené avec les communautés éducatives, il a servi à concevoir des cours d’école plus ombragées, davantage tournées vers la nature, ainsi qu’à élaborer des recommandations pour étendre ces aménagements à l’ensemble de la ville.
À Rotterdam, l'adaptation des écoles passe par la transformation des cours de récréation en "cours vertes et bleues". La ville remplace une partie du bitume par des surfaces perméables, plante des arbres et des arbustes pour créer de l'ombre et aménage des jardins et des potagers pédagogiques.
Elle installe aussi des dispositifs permettant de récupérer et d'infiltrer les eaux de pluie. L'objectif est double : rafraîchir les établissements lors des vagues de chaleur tout en limitant les risques d'inondation liés aux fortes précipitations. Rotterdam compte aujourd'hui plus de 40 cours d'école transformées, devenues de véritables "refuges climatiques" naturels pour les enfants.
En France, un vaste programme prévoit la rénovation de 40.000 écoles primaires au cours des dix prochaines années grâce au Fonds vert. Les travaux portent notamment sur l’isolation thermique et la rénovation énergétique des bâtiments. À Barcelone, 25 % des budgets de rénovation scolaire sont désormais consacrés à l’adaptation au changement climatique. Cinquante-six écoles y ont été rénovées durant l’été 2024, grâce à un investissement de 3,6 millions d’euros.
En Nouvelle-Zélande, plusieurs rénovations ont montré qu’un meilleur positionnement des fenêtres, une ventilation croisée et des systèmes mécaniques contrôlés permettent de limiter la surchauffe dans les salles de classe. De quoi préserver la concentration et le bien-être des élèves pendant les vagues de chaleur.
L'OCDE souligne que ces investissements sont très efficaces mais aussi particulièrement coûteux. Ils nécessitent des financements publics importants et plusieurs années avant de produire leurs effets. En Espagne, les enseignants et les parents d'élèves estiment que l'adaptation des établissements scolaires et leur climatisation est trop lente. À l'échelle du pays, les municipalités prévoient d'investir 100 millions d'euros pour climatiser d’ici à 2030, 140 écoles publiques ainsi que 30 centres éducatifs.
En Italie, les canicules alimentent un débat sur le calendrier scolaire. Les élèves italiens finissent les cours début juin et ne reprennent le chemin de l'école seulement à la mi-septembre. En 2025, le syndicat Anief est allé jusqu'à demander officiellement au gouvernement de repousser la rentrée au 1er octobre, estimant que les températures rendent les apprentissages compliqués et posent un problème de santé publique.
Une proposition rejetée par le ministère de l'Éducation et critiquée par de nombreuses communes et associations qui considèrent qu'elle compliquerait la garde des enfants. De nombreux experts estiment que la priorité devrait plutôt être la rénovation thermique des écoles, largement dépourvues de climatisation ou autresdispositifs de rafraîchissement.
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