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50°C à Paris d’ici 2050 ? L’alerte de la géographe Magali Reghezza-Zitt sur RTL, qui estime que les fortes chaleurs "sont en passe de devenir la norme"

Invitée de RTL Matin ce vendredi 19 juin, la géographe et spécialiste de la transition écologique Magali Reghezza-Zitt a alerté sur les conséquences du réchauffement climatique. Selon elle, les épisodes de chaleur extrême vont se multiplier dans les prochaines décennies, au point que les 50°C pourraient être atteints à Paris d’ici les années 2050.

La géographe et spécialiste de la transition écologique Magali Reghezza-Zitt, invitée de RTL Matin ce vendredi 19 juin.

Crédit : RTL

50°C à Paris d'ici 2050 ? L'alerte de la géographe Magali Reghezza-Zitt sur RTL, qui estime que les fortes chaleurs "sont en passe de devenir la norme"

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50°C à Paris d'ici 2050 ? L'alerte de la géographe Magali Reghezza-Zitt sur RTL, qui estime que les fortes chaleurs "sont en passe de devenir la norme"

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Céline Landreau & La rédaction numérique de RTL

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Alors qu’une vague de chaleur touche une grande partie de la France avant même le début officiel de l’été, l'invitée de RTL Matin ce vendredi 19 juin, la géographe et ancienne membre du Haut Conseil pour le climat Magali Reghezza-Zitt estime que ces épisodes caniculaires sont "la conséquence directe du changement climatique". 

Selon elle, les vagues de chaleur seront de plus en plus fréquentes, précoces et intenses dans les années à venir. "Plus le climat va se réchauffer, plus on va avoir ce type de vague de chaleur, de plus en plus tôt dans l’année, de plus en plus tard aussi, de plus en plus intense, de plus en plus longue", prévient-elle au micro de RTL.

L’experte va même plus loin en évoquant les projections pour les prochaines décennies : "On sait que dans les années 2050, au rythme de nos émissions, on franchira les 50 degrés à Paris".

"On ne survit pas si on n’a pas adapté nos logements et nos activités"

Pour la géographe, de telles températures imposeront une transformation profonde de la société. "On ne survit pas si on n’a pas adapté non seulement nos logements, notre bâti, nos villes, nos activités", affirme-t-elle. "La chaleur va nous demander d’avoir une transformation de toutes nos activités dans les vingt ans qui viennent".

Selon elle, les conséquences dépassent les seuls enjeux de confort. La chaleur affecte déjà la santé humaine, y compris des populations habituellement moins vulnérables. "La première vague de chaleur de mai a particulièrement touché les 15-45 ans parce que c’est le moment où on travaille", souligne-t-elle.

La spécialiste évoque aussi des répercussions en cascade sur les élevages, la biodiversité, les ressources en eau, l’industrie ou encore la production d’électricité. "Vous avez des effets dominos", résume-t-elle.

De nombreux métiers pourraient aussi être affectés, des restaurateurs "qui travaillent à côté du four" aux forces de l’ordre "avec leur gilet par balle" en passant par le personnel pénitentiaire. "On touche au cœur de la sécurité économique, de la sécurité alimentaire, mais aussi de notre sécurité intérieure", insiste-t-elle.

"L’adaptation ne suffit pas"

Si elle salue les mesures annoncées par le gouvernement pour adapter les logements aux fortes chaleurs, Magali Reghezza-Zitt estime qu’elles restent insuffisantes face à l’ampleur du défi. "Il ne faut pas imaginer qu’on va résoudre ce problème en mettant trois pompes à chaleur et des climatiseurs", affirme-t-elle.

Selon elle, la rénovation doit concerner l’ensemble des villes et des infrastructures. Car même des bâtiments climatisés ne suffiraient pas dans un contexte de chaleur extrême. "S'il fait 50 degrés, les enfants ne peuvent pas aller à l’école", illustre-t-elle.

La géographe rappelle surtout qu’aucune politique d’adaptation ne pourra fonctionner durablement sans réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. "Tant qu’on continue à mettre du CO2 dans l’atmosphère, le réchauffement se poursuit", explique-t-elle. "Il faut absolument travailler aujourd’hui pour décarboner nos sociétés en même temps que l’adaptation".

Un coût économique supérieur à celui de la transition

Face aux critiques sur le coût des politiques climatiques, Magali Reghezza-Zitt met en avant les travaux récents des économistes. "L'impact du réchauffement climatique sur l’économie est beaucoup plus important que l'action climatique", assure-t-elle.

Elle cite notamment les pertes de croissance, les destructions d'entreprises et les conséquences sanitaires des canicules. "Ces vagues de chaleur, c'est plus de 200.000 morts sur ces cinq dernières années en Europe", rappelle-t-elle.

Pour l'experte, les investissements nécessaires à la transition coûteront finalement moins cher que l'inaction.

À quoi pourrait ressembler la vie en 2055 ?

Dans son livre Bienvenue en 2055, Magali Reghezza-Zitt imagine un monde devenu neutre en carbone malgré un réchauffement déjà installé. Elle décrit des logements conçus pour résister à la chaleur, des villes où la voiture thermique a presque disparu, une alimentation plus locale et davantage végétale, ainsi que de nouveaux rythmes de travail adaptés aux canicules.

"On travaille plus tôt, on travaille la nuit", explique-t-elle. "On a aussi plus de solidarité", notamment grâce au partage des transports. L’autrice imagine également une société largement électrifiée, plus sobre dans sa consommation de ressources et davantage tournée vers la qualité que vers la quantité.

Malgré l'ampleur des changements à mener, elle juge l'objectif atteignable en "trente ans". "Les solutions existent déjà. Elles sont accessibles, elles sont efficaces, elles sont économiquement rentables". 

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