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Droits LGBTQI+ : pourquoi la Hongrie de Orban s’attire-elle tant de critiques ?

L'adoption d'une nouvelle législation jugée discriminatoire à l'encontre des personnes LGBTQI+ en Hongrie a engendré une importante vague de critiques, alors que le match de l'Euro, Allemagne-Hongrie, a lieu ce mercredi.

Le drapeau arc-en-ciel est le symbole de la communauté LGBTQ+
Le drapeau arc-en-ciel est le symbole de la communauté LGBTQ+
Crédit : iStock / Getty Images Plus
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La rédaction numérique de RTL
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Déferlement de critiques sur la discrimination de la communauté LGBTQI+ en Hongrie. Le pays a, en effet, adopté le mardi 15 juin à Budapest, plusieurs amendements, à l'initiative du parti souverainiste du Premier ministre Viktor Orban, afin d'interdire la "promotion" de l'homosexualité auprès des mineurs. L'objectif de ces nouvelles dispositions : "protéger les droits des enfants" en interdisant "la représentation et de la promotion d'une identité de genre différente du sexe à la naissance, du changement de sexe et de l'homosexualité".

Mardi 22 juin, 13 pays de l'Union européenne ont ainsi appelé la Commission européenne à utiliser "tous les outils à sa disposition pour garantir le plein respect du droit européen" face à une loi hongroise jugée "discriminatoire" à l'encontre des personnes LGBT.

"Nous exprimons notre profonde inquiétude quant à l'adoption, par le Parlement hongrois, d'amendements discriminatoires à l'égard des personnes LGBTQI et violant le droit à la liberté d'expression sous prétexte de protéger les enfants", écrivent-ils.

Entrave à la "liberté d'éducation"

La nouvelle législation, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, a également suscité l'ire de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle a critiqué mercredi un texte allant à l'encontre "des valeurs fondamentales de l'UE" et même "une honte". Bruxelles enverra une lettre à Budapest pour exprimer ses "préoccupations" sur le plan légal, a-t-elle précisé.

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La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, jugé "mauvaise" mercredi la récente loi adoptée en Hongrie. "Je pense que cette loi est mauvaise" et "incompatible avec mon idée de la politique", a déclaré la dirigeante devant la chambre des députés allemands. La chancelière a même parlé d'entrave à la "liberté d'éducation". 

Des amendements qui sont fortement critiqués, notamment dans le contexte de l'Euro de football. De nombreux "potentiels incidents discriminatoires" ont par ailleurs été recensés lors des précédents matches de la Hongrie. Contre le Portugal, des images vidéo semblaient montrer des spectateurs entonnant "Cristiano, homosexuel" à l'adresse du quintuple Ballon d'Or, Cristiano Ronaldo, tandis qu'une banderole homophobe avait été signalée.

Des refrains du même acabit ont été entendus avant la rencontre face aux Bleus, puis dans le stade, des personnes ont fait état de cris de singe même s'ils étaient inaudibles par la grande majorité du public.

Mouvement de solidarité en Allemagne

Malgré ces divers incidents et la nouvelle loi adoptée par la Hongrie, l'UEFA a refusé de laisser le stade de Munich, accueillir le match, contre la Hongrie, ce mercredi 23 juin, en s'illuminant aux couleurs de la communauté LGBTQI+, en justifiant sa volonté de neutralité politique. De nombreuses capitales européennes ont alors fustigé l'UEFA, dont la France qui a exprimé "une forme d'incompréhension".

En signe de protestation, la ville de Munich a prévu de pavoiser ses sites les plus emblématiques aux couleurs de la communauté LGTBQI+ mercredi soir. L'Hôtel de ville mais aussi une imposante éolienne visible du stade de l'Allianz Arena, où doit être donné le coup d'envoi, devaient s'illuminer de manière similaire en soirée.

Pour tenter de calmer la tempête, l'UEFA, organisatrice de la compétition de football qui se déroule dans 12 villes de différents pays, a toutefois réaffirmé son "engagement ferme" contre l'homophobie et paré sur Twitter son propre logo d'un arc-en-ciel.

Ambiance tendue avec les supporters hongrois ?

La décision de l'UEFA a été en revanche saluée par le gouvernement hongrois de Viktor Orban. "Dieu merci, les dirigeants du football européen ont fait preuve de bon sens (...) en ne participant pas à ce qui aurait été une provocation politique envers la Hongrie", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto. Et plusieurs clubs de football hongrois vont éclairer mercredi leur stade aux couleurs du drapeau national, rouge-blanc-vert, pendant le match de l'Euro Allemagne-Hongrie.

L'ambiance pourrait également se tendre avec des fans hongrois, ce soir. La "Brigade des Carpates", groupe d'ultras reconnaissables à leurs tee-shirts noirs, prévoit de débarquer "par milliers" à Munich, selon sa page Facebook.

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