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Donald Trump secrètement évacué d'Air Force One : des journalistes et responsables à bord n'avaient pas été prévenus du danger, provoquant un tollé à Washington

Les médias américains ont révélé que Donald Trump n'avait pas volé à bord de l'Air Force One à son retour du sommet de l'OTAN à Ankara, en juillet, à cause de menaces provenant d'Iran. Mais les autres accompagnants du président, dont des ministres et des reporters, ont quand même fait le voyage dans l'avion menacé. Les révélations de la presse font polémique.

Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes avant d'embarquer à bord d'Air Force One à l'aéroport international de Palm Beach, en Floride, le 25 avril 2026.

Crédit : Kent NISHIMURA / AFP

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"Toutes les personnes à bord du véritable [Air Force One] – équipage, passagers, journalistes – ont été considérées comme remplaçables." Certains, comme Shirish Dáte, correspondant à la Maison Blanche pour le HuffPost, ont mal pris les révélations, mardi, du plan pour préserver Donald Trump d'une attaque iranienne au retour du sommet de l'OTAN en juillet à Ankara (Turquie). Le Washington Post a en effet révélé que le président américain avait changé d'avion au dernier moment, craignant que son Air Force One soit attaqué par le régime de Téhéran. Or, les accompagnants de Trump – pléthore de ministres, d'employés de la Maison Blanche, de militaires et de journalistes – ont fait le voyage dans l'avion présidentiel, sans avoir été prévenus de la menace.

"J’ai voyagé à l’étranger avec plusieurs présidents et je sais que la dissimulation est parfois une protection nécessaire. Mais induire les journalistes en erreur sur le moment et, pire encore, continuer à mentir au peuple américain des semaines plus tard est inacceptable", a vivement critiqué Ned Price, ancien conseiller du secrétaire d'État Anthony Blinken sous la présidence Biden. 

Air Force One utilisé comme un leurre

En juillet, après avoir participé au sommet de l'OTAN dans la capitale turque, Donald Trump a embarqué à bord de l'immense avion bleu utilisé par les présidents des États-Unis. Du moins, c'est ce qu'il a laissé croire. Car le Secret Service a eu vent de réelles menaces provenant de Téhéran. Ses agents ont alors ordonné à Trump de changer d'appareil. Les passagers de l'avion, eux, n'y ont vu que du feu.

Parmi eux, le secrétaire d'État Marco Rubio et celui au Trésor, Scott Bessent, des hauts profils de l'administration américaine. Dans une longue enquête publiée mardi, le New York Times estime que "l'avion Air Force One est devenu un leurre volant". Tous les médias se sont emparés de la polémique, de CNN - qui décrypte "pourquoi le changement secret d'Air Force One opéré par Trump pose problème" - à Fox News, pointant que "le changement d'avion opéré par Trump en catimini soulève des interrogations quant à la sécurité des passagers restés à bord".

Des "boucliers humains"

Pour son article, le New York Times a contacté d'anciens officiels qui ont eu à participer à ce genre de voyages périlleux avec les présidents Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama ou Joe Biden. Les avis divergent. Pour John Lockhart, attaché de presse sous Clinton dans les années 1990, si l'opération en elle-même n'est pas scandaleuse, ne pas avoir averti les passagers restés dans l'Air Force One l'est. 

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La situation s'était présentée à Bill Clinton lors d'un déplacement au Pakistan, terreau fertile du terrorisme à la fin du siècle dernier. "Nous avions tout mis en œuvre pour protéger le plus grand nombre de personnes possible, notamment les civils, et éviter qu'ils ne servent de boucliers humains, assure Lockhart au quotidien new-yorkais. Ils [les officiels de l'administration Trump] n'y ont même pas pensé. Et pour moi, c'est là toute la différence."

"Travailler à la Maison Blanche ou voyager avec le président implique de prendre des risques non négligeables", défend de son côté Joseph Hagin, qui a servi sous George W. Bush et était chef adjoint au cabinet lors du premier mandat de Donald Trump. Le Républicain estime que "révéler les détails d'une opération de ce genre aurait évidemment mis en péril la sécurité du président."

Trump estime qu'il était plus en danger que les journalistes

S'il est, en effet, commun que toute une floppée de ministres, employés et journalistes suive les présidents américains, même dans des zones de guerre, ils sont généralement au courant que la situation est risquée. Les critiques, dans le cas de l'évacuation de Donald Trump, reprochent surtout de ne pas avoir averti les passagers du danger alors qu'il s'agissait pour eux d'un déplacement routinier à un sommet de l'OTAN.

Le locataire de la Maison Blanche, qui a déjà échappé à plusieurs tentatives d'assassinat, estime pour autant que les personnes l'accompagnant n'étaient pas en danger. "Je pense qu'en réalité, l'avion à bord duquel j'ai volé était plus à risque", a-t-il confié aux reporters. 

Le président américain Donald Trump arrive à l'aéroport d'Oakland pour une visite du centre d'essais de Milford de General Motors le 27 juillet 2026 dans le Michigan.

Crédit : Andrew Harnik / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Habituellement, les voyages jugés à risque sont coordonnés avec des représentants de la presse. "La Maison Blanche convoquait généralement un nombre restreint de dirigeants de médias dans la salle de crise ou appelait des journalistes pour les informer et leur faire prêter serment de garder le secret, afin qu'au moins quelques-uns puissent accompagner le groupe et rendre compte des visites une fois la situation sécurisée", explique le New York Times. En son temps, Joe Biden avait emmené avec lui un journaliste et un photographe lors d'un voyage secret en train pour aller à Kiev. Tout le monde était conscient du danger. Personne n'avait vendu la mèche. La différence, sous cette administration, est que Trump ne fait pas confiance aux journalistes. 

"C'est comme ça"

"Il est tout à fait compréhensible que la Maison Blanche souhaite compartimenter une opération de sécurité de ce type. Je ne leur reproche pas d'avoir tout fait pour assurer la sécurité du président ni d'avoir dissimulé des renseignements précis sur les menaces", a relativisé John Kirby, ancien porte-parole du Secrétariat d'État quand Joe Biden était président. "Mais ils ont également l'obligation d'assurer la sûreté et la sécurité des personnes accompagnant le président. Et lorsque les risques liés à ce voyage sont connus – comme c'était assurément le cas en l'espèce –, ils ont l'obligation d'en fournir au moins les grandes lignes afin que les voyageurs puissent prendre des décisions éclairées."

Ari Fleischer, consultant politique et ancien attaché de presse de George W. Bush au début des années 2000, n'est pas du même avis : "La sécurité du président passe avant tout. On ne s'en plaint pas. C'est comme ça."

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