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Donald Trump à l'ONU, le 22 septembre 2026 à New York.
Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Il a abordé, plus ou moins longuement, tous les sujets possibles. À la tribune, Donald Trump a profité d'un discours face à l'Assemblée générale des Nations unies pour balayer l'actualité internationale avec son phrasé débridé caractéristique, ce mardi 22 septembre, à New York.
Comme il avait par exemple déjà pu le faire lors du dernier Forum de Davos en pleine crise autour du Groenland, le président américain a entamé sa prise de parole d'une quarantaine de minutes avec ses habituels préceptes autour de "l'âge d'or" MAGA ("Make America Great Again", "Rendre sa grandeur à l'Amérique" en français).
"Notre pays est aujourd’hui plus fort que jamais auparavant, notre puissance se propage", a-t-il affirmé, avant d'oser : "Il y a deux ans, notre pays était mort, mais maintenant nous avons le pays le plus sexy du monde entier", en référence au mandat de Joe Biden.
En premier lieu, Donald Trump a expliqué qu'il était à un carrefour des chemins et devait décider entre "anéantir" l'Iran ou passer un "accord" avec Téhéran. "Je crois que nous passerons un accord juste après les élections" des midterms prévues aux États-Unis en novembre, a-t-il toutefois immédiatement ajouté, précisant ne vouloir "jamais permettre à l'Iran d'avoir l'arme nucléaire".
"J’ai ouvert des négociations avec l’Iran et je leur ai fait des propositions économiques en échange de la cessation du programme nucléaire. Mais l’Iran a refusé en bloc. Ça a été une grosse erreur", a-t-il menacé. "Ils pensaient être capables de frapper l’Europe et ils en étaient très fiers. J’espère que l’Europe en est consciente".
"J’appelle tous les pays à nous rejoindre et à isoler totalement l’Iran sur le plan économique, jusqu’à ce qu’ils cessent leurs attaques contre les navires commerciaux, abandonnent leurs ambitions nucléaires et cessent de soutenir le terrorisme", a-t-il encore déclaré, espérant que "le monde sera bientôt libéré de cette menace".
En se vantant comme souvent d'avoir résolu près d'une dizaine de guerres depuis son retour à la Maison Blanche, ce qui est largement contestable, le président des États-Unis a assuré qu'un accord entre la Russie et l'Ukraine arriverait "plus tôt qu'on ne le pense".
"Nous travaillons très étroitement avec les dirigeants de Russie et d'Ukraine, et nous allons régler ce cas. Cela arrivera, je crois, plus tôt qu'on ne le pense", a juré le républicain, qui a déjà tenu plusieurs fois des propos similaires sans que de réels progrès en vue d'une résolution du conflit ne soient réalisés. "Ils en ont marre", a-t-il commenté au sujet des belligérants.
Il a ensuite eu quelques mots pour Cuba, qu'il menace d'une intervention militaire depuis plusieurs mois. L'État des Caraïbes va prochainement "tomber", selon ses dires, même s'il n'a pas précisé comment. Et ce, alors que son gouvernement souhaite un "changement de fond" dans l'île. "Le régime communiste est sous forte pression, la plus forte qu'il ait jamais connue. Il va tomber", a déclaré Donald Trump, ajoutant que Washington menait des négociations avec La Havane et prédisant : "La liberté arrivera à Cuba".
Dans un registre similaire après la capture du président Nicolas Maduro par son pays en janvier, les États-Unis travaillent "étroitement avec les dirigeants du Venezuela pour bâtir un avenir bien plus radieux pour le peuple vénézuélien", a-t-il promis.
Donald Trump a annoncé vendredi avoir obtenu du Danemark et du Groenland un "contrôle permanent" de la sécurité du territoire arctique stratégique, ce qu'il a signé ce mardi. Salué par Copenhague et Nuuk, il permettra, selon les Américains, d'empêcher la Chine et la Russie de s'y installer. "Nous allons immédiatement commencer à développer une présence militaire importante dans les endroits pertinents. Nous construirons deux très grandes bases militaires", a précisé le président américain, vantant "un accord sans précédent".
"Nous aurons la possibilité totale de faire ce qui est nécessaire pour défendre le Groenland et l’Europe ne pourra pas y établir de présence militaire ou investir sans notre approbation écrite", s'est-il réjoui.
Donald Trump a par ailleurs appelé tous les pays membres de la Cour pénale internationale (CPI) à se retirer "officiellement et immédiatement" de cette instance, qu'il a accusé d'être "hors de contrôle". "Les États-Unis s'opposent à cette institution", a-t-il déclaré à la tribune de l'ONU. Selon plusieurs médias américains, il envisageait récemment de durcir fortement la pression contre la CPI avec des sanctions visant non plus seulement certains responsables, mais l'institution elle-même.
Pour comprendre cette escalade, il faut revenir au 21 novembre 2024. Ce jour-là, la CPI avait délivré des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Les juges estiment qu'il existe des "motifs raisonnables" de croire à leur responsabilité pénale dans plusieurs crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés, liés à la guerre à Gaza. Des accusations contestées par les intéressés.
Cette décision a été une ligne rouge pour les États-Unis qui, tout comme Israël, ne font pas partie du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. L'administration Trump considère donc que la Cour ne devrait pas pouvoir exercer son autorité sur leurs ressortissants sans leur consentement. C'est l'argument central du décret signé par Trump le 6 février 2025, selon lequel la CPI aurait engagé des actions "illégitimes" contre les États-Unis et Israël. Il y affirmait que ses procédures constituent une menace pour la souveraineté, la sécurité nationale et la politique étrangère américaines.
Enfin, Donald Trump a annoncé que son gouvernement utiliserait désormais le terme "super intelligence" plutôt qu'"intelligence artificielle" (IA) dans sa communication, espérant que "le monde" lui emboîte le pas. "Cela sonne beaucoup mieux" et "c'est beaucoup plus approprié", a-t-il unilatéralement estimé.
En revanche, il a rejeté "toute tentative de bâtir un projet mondialiste pour contrôler l'intelligence artificielle", alors que les appels se multiplient en faveur d'une large coordination sur l'IA. Lundi, les dirigeants de plus de 20 pays dont le Canada, l'Allemagne et l'Australie ont ainsi plaidé pour davantage d'encadrement de cette technologie et la possible création, sous l'égide de l'ONU, d'un organe international de régulation.
Le chef de l'ONU Antonio Guterres a exhorté plus tôt Washington et Pékin à coopérer sur le sujet, leur demandant d'"établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération". Dans ce contexte, les patrons d'Anthropic et de Hugging Face participeront mercredi au Conseil de sécurité onusien.
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