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Le Capitole, qui abrite le Congrès américain, à Washington, le 4 novembre 2026.
Crédit : Tom Brenner / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Une vague bleue a déferlé sur les États-Unis. Le parti démocrate a largement remporté les élections de mi-mandat mardi 3 novembre, prenant le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Cette violente déroute rabat les cartes pour Donald Trump qui va devoir continuer à diriger le pays pendant les deux prochaines années avec une forme de contre-pouvoir à ses côtés.
Les nouveaux élus doivent prêter serment en janvier prochain. À partir de là, ils pourront dicter l'agenda législatif, peser sur le budget fédéral mais aussi lancer des enquêtes parlementaires à l'encontre du président américain et de ses proches. L'une des priorités des opposants de Donald Trump consiste à revenir sur une partie de son bilan depuis le début de son mandat, notamment le pouvoir d'achat.
En 2025, le président républicain a fait adopter une loi pour réformer le système de santé, la "One Big Beautiful Bill Act". Celle-ci a notamment réduit les financements fédéraux de Medicaid, le programme d'assurance maladie destiné à des millions d'Américains aux revenus modestes. Hakeem Jeffries, leader des Démocrates à Chambre basse du Parlement et pressenti pour devenir le prochain "speaker" de la Chambre des représentants, a assuré qu'il voulait "se battre pour annuler les coupes à Medicaid".
En revenant en pouvoir en 2024, Donald Trump avait promis de lutter contre la vie chère mais aussi de ne plus mener de guerre à l'étranger. Un double échec qui a profité aux démocrates. Le chef d'État l'a reconnu lui-même : "Je pense que l'Iran y était pour quelque chose, mais en même temps, les gens ont compris l'importance de ce que j'ai accompli avec l'Iran", a-t-il assuré.
Le parti démocrate veut désormais tout faire pour mettre fin au conflit en Iran et, par conséquent, à la hausse des prix du carburant. L'administration Trump s'est embarquée dans ce conflit en février 2026, sans consulter le Congrès, comme l'exige la Constitution. Les démocrates avaient déjà voté à plusieurs reprises contre cette guerre, en vain. À l'issue des élections de mi-mandat, et à leur majorité au Sénat, ils devraient désormais être en capacité d'empêcher une escalade du conflit en refusant de le financer.
"Le Congrès va lui rendre la vie un peu plus difficile et ça va être un caillou dans sa chaussure permanent", résume sur RTL Aurore Lalucq, eurodéputée et co-présidente de Place publique. Selon elle, les plans de Donald Trump vont rester les mêmes pour les deux prochaines années, en Iran comme en Ukraine, malgré sa défaite électorale.
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"Le Congrès peut prendre des résolutions, mais il mettra son veto, il reste le commandant-chef", insiste Dominique Simonet, spécialiste des États-Unis. "On sait que Donald Trump a très envie d'en finir, parce qu'il s'est enlisé".
"Si des gens ont volé le peuple américain, nous demanderons des comptes", a averti Hakeem Jeffries, leader des démocrates à Chambre basse du Parlement. Depuis le début de son mandat, l'opposition accuse Donald Trump, son gouvernement et ses proches de corruption à une échelle inouïe dans l'histoire des États-Unis. La gauche américaine entend lancer une série d'enquêtes parlementaires à ce sujet.
"Nous allons utiliser tous les outils à notre disposition et nous aurons certainement beaucoup plus d’autorité devant les tribunaux en tant que majorité que lorsque nous étions dans l’opposition", a assené Jamie Raskin, représentant démocrate.
Ces enquêtes parlementaires se pencheront, entre autres, sur les suspicions autour de la fortune de la famille Trump, qui n'a cessé de croître depuis le début de son deuxième mandat. Les démocrates suspectent le fils du président, Don Jr., de délits d'initié. Celui-ci aurait investi à plusieurs reprises dans des entreprises juste avant qu'elles ne remportent d'importants contrats et financements fédéraux.
Ces enquêtes parlementaires pourraient mener à des procédures de destitution du locataire de la Maison Blanche, aussi appelées procédures d'"impeachment". Celles-ci auraient cependant peu de chances de réussite en raison de la majorité des deux-tiers nécessaire au Sénat.
Après avoir engagé contre Donald Trump deux procédures d'"impeachment" lors de son premier mandat, les chefs démocrates semblent cependant réticents à se lancer dans une troisième tentative, qui risquerait de galvaniser sa base partisane.
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