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"Des atteintes à la souveraineté de l'Etat" : la Tunisie convoque l'ambassadrice de France

La Tunisie a convoqué l’ambassadrice de France à Tunis après la diffusion sur France 24 d’un entretien avec l’ancien président Moncef Marzouki. Tunis dénonce une atteinte à sa souveraineté, tandis que Paris défend la liberté de la presse.

Le président tunisien Moncef Marzouki à Tunis le 29 octobre 2013.

Crédit : FETHI BELAID / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé, vendredi 24 juillet avoir convoqué l'ambassadrice de France à Tunis après la diffusion, par une "chaîne publique française", d'un entretien "avec une personne recherchée par la justice tunisienne". 

Le ministère n'a pas identifié la chaîne, pas plus que la personne. Mais il s'agit, selon un commentateur considéré comme proche des cercles du pouvoir, de France 24 et d'un entretien récent avec l'ancien président tunisien Moncef Marzouki. 

"France 24 dispose d'une totale indépendance éditoriale", a déclaré ce samedi 25 juillet à l'AFP une source diplomatique française. "Nous regrettons cette polémique qui ne reflète en rien la qualité de la relation bilatérale entre nos deux pays et rappelons notre plein soutien et engagement en faveur de la liberté de la presse", a-t-elle ajouté. 

"Une démarche d'ingérence inacceptable"

Dans un communiqué, la diplomatie tunisienne a fait part de sa "vive protestation", en estimant que de telles émissions s'inscrivaient "dans une démarche d'ingérence inacceptable". 

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"Cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l'Etat tunisien, vise sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes", a écrit le ministère. 

Il a dénoncé ce qu'il considère comme une "répétition délibérée de telles pratiques sur des médias publics français, utilisés pour diffuser des contenus incitant à la haine et des allégations mensongères à l'encontre de l'Etat tunisien". 


Il a également jugé que le fait que le média concerné soit "public et officiel" engageait "la responsabilité morale de l'Etat français", et que la France devait prendre "les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements inacceptables". 

Une "crise politique d'une gravité exceptionnelle"

L'ancien président Moncef Marzouki (2011-2014), qui vit en exil en France, est un critique virulent du président Kaïs Saïed. Il a été condamné par contumace en Tunisie à plusieurs peines de prison, notamment pour atteinte à la sûreté de l'Etat. 

Dans des entretiens cette semaine à France24, en arabe et en français, il a déclaré que la Tunisie passait par une "crise politique d'une gravité exceptionnelle" et jugé que la situation allait "exploser". 

Il s'est aussi dit convaincu que des alternatives à l'actuel pouvoir étaient discutées en Tunisie et à l'étranger, ce qui lui a valu d'être qualifié de "traître" par les pro-Saied sur les réseaux sociaux. 

Des ONG dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie, berceau du Printemps arabe, depuis un coup de force en juillet 2021 du président Saied par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs. 

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