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"Ça va jusqu'à se battre pour un pack" : en Tunisie, la canicule provoque de graves pénuries d'eau

Le mercure dépasse régulièrement les 45°C en Tunisie depuis le début de l'été, entraînant de nombreuses coupures d'eau et d'électricité. Il est difficile de mettre la main sur des bouteilles d'eau courante.

Le 24 août 2026, des passants se rafraîchissent sous les jets d'eau d'une fontaine située à l'entrée de la médina (vieille ville) de Tunis.

Crédit : FETHI BELAID / AFP

"Ça va jusqu'à la bagarre" : la Tunisie suffoque et manque d'eau, les habitants cherchent désespérément des bouteilles

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Hermine Le Clech & AFP - édité par Marine Langlois

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La Tunisie suffoque. Le quotidien des Tunisiens est rythmé par des températures caniculaires, frôlant les 50°C, depuis le début de l'été. C'était déjà le cas en juillet puis de nouveau en cette fin d'août, alors que le thermomètre est monté au-dessus des 45°C ces derniers jours. Conséquence de cette vague de chaleur extrême, les consommations d'électricité et d'eau - deux services publics - ont grimpé en flèche dans le pays, entraînant de nombreuses coupures.

Et conséquence de ces coupures, il devient difficile de trouver de l'eau en Tunisie. Pour cause, l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage qui est donc perturbé par ces coupures. Mais aussi la production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par les coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. 

"On est presque en état de survie maintenant"

Sur les réseaux sociaux, des scènes de cohues ont été diffusées, montrant par exemple un camion assailli par une foule d'hommes et de femmes qui tentent dans le chaos le plus total de mettre la main sur des bidons d'eau potable. Les rares fois où les boutiques sont approvisionnées, elles sont prises d'assaut comme l'explique Ali, un habitant de Tunis. 

"Ça va jusqu'à la bagarre pour un pack d'eau. Moi, je suis allé au resto il y a trois jours. On a demandé une bouteille d'eau. Il n'était pas en capacité de nous donner une bouteille d'eau", raconte-t-il au micro de RTL. 

Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne : d'immenses files d'attente serpentent devant les entrées, où se présente tous les matins Mohamed, qui habite également à Tunis. "On essaie de faire le tour supérette par supérette. C'est la même bataille chaque jour. On ne peut pas acheter plus de deux bouteilles par personne", regrette-t-il. 

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"Donc on va faire la queue sous le soleil. Parce que nous, à 8h du matin, il fait déjà au moins 35-36 degrés. On est presque en état de survie maintenant", ajoute-t-il. De la survie, car à la pénurie d'eau potable s'ajoutent les coupures quotidiennes d'eau courante et d'électricité.

Le président dénonce des "actes prémédités"

De son côté, le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été. Dans un communiqué, le chef d'État a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés". 

Il s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau). Dans son communiqué, Kais Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires". 

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires". 

En juillet 2021, Kais Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement. Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militant.

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