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Les joueurs tunisiens lors d'une pause fraîcheur à la Coupe du monde face à la Suède, le 14 juin 2026 à Monterrey.
Crédit : Julio Cesar AGUILAR / AFP
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Déjà éliminée au coup d'envoi, la Tunisie a concédé une troisième défaite en autant de rencontres jeudi 25 juin, s'inclinant face aux Pays-Bas à Kansas City (1-3). Après les humiliations subies contre la Suède (1-5) et le Japon (0-4), elle quitte l'Amérique avec un bien triste bilan : un zéro pointé au compteur, mais surtout un différence abyssale de -10.
Alors oui, dans l'histoire du Mondial, on a déjà vu pire : la Corée du Sud en 1954 (-16 en deux matchs), le Zaïre en 1974 (ex-RD Congo, -14), Haïti la même année (-12), le Salvador en 1982 (-12 avec un 10-1 record encaissé)… Plus récemment, l'Arabie saoudite en 2002 (-12) ou la Corée du Nord en 2010 (-11) se sont aussi illustrés dans le très mauvais. Mais ce n'étaient alors pas des sélections du calibre de la Tunisie, première équipe d'Afrique à remporter un match en Coupe du monde en 1978 et encore vainqueure des Bleus, champions en titre, il y a quatre ans.
Cet été, les Aigles de Carthage ont mis la barre très haut sur le plan du ridicule. Déjà peu brillants à la CAN en janvier avec une défaite aux tirs au but contre un Mali réduit à dix pendant près de 100 minutes en huitièmes de finale, les Tunisiens ont démarré à l'envers leur Mondial après un revers cinglant face à la Belgique en préparation (0-5). De quoi largement fragiliser l'ex-sélectionneur franco-tunisien Sabri Lamouchi avant de s'envoler pour Monterrey, où l'attendait une poule corsée.
"C'est surtout une affaire de cœur, mais c'est là où c'est dangereux ! Il ne faut pas trop rentrer dans l'émotionnel et rester professionnel. De tous mes challenges, je ne sais pas si ce sera le plus beau, mais c'est celui qui m'excite le plus", disait-il dans les colonnes de L'Equipe, au matin de la rencontre. Le sens du timing ? Il n'y aura en tout cas pas survécu. Après une claque marquée par des boulettes de son gardien et du capitaine Ellyes Skhiri, l'ex-international tricolore est remercié par sa Fédération, alors qu'il reste encore deux matchs à jouer. Une première au XXIe siècle.
Au vu du nombre de péripéties connues par la sélection en seulement une dizaine de jours, on en oublierait presque que les dirigeants tunisiens ont d'abord annoncé la nomination de Mondher Kebaier, proche des Aigles de Carthage et déjà sélectionneur entre 2019 et 2022, dans un post Instagram... avant de le supprimer.
Selon L'Equipe, les joueurs étaient opposés au nouveau venu, mais la Fédération avait une autre carte à dégainer : le pompier de service habitué du continent africain, le Français Hervé Renard, limogé par les Saoudiens quelques semaines plus tôt. Au vu du marasme, il n'avait pas grand chose à perdre dans cette mission commando, ayant déjà des airs de mission suicide.
Malgré ses chemises blanches toujours impeccables, celui qui n'a jamais caché son obsession de vouloir prendre part au plus d'éditions possibles du Mondial masculin - il a fait la Coupe du monde 2023 avec l'équipe de France féminine - n'a pas réussi à redresser la barre. "Il n'y a pas de magicien dans le football", affirmait-il il y a une semaine, prônant "un esprit revanchard" dès son arrivée pour "redonner le sourire à une majorité de personnes qui soutiennent cette équipe". Ce levier n'aura pas suffi : ses joueurs ont encaissé une nouvelle déculottée contre le Japon, se retrouvant menés dès la 4e minute de jeu et prenant donc officiellement la porte avant la dernière journée.
Pour celle-ci, Renard appelait à "garder dignité et fierté". D'entrée de jeu face aux Pays-Bas, Skhiri a marqué contre son camp sur un ballon anodin, avant le but du break néerlandais pour anéantir tout espoir de rébellion au bout de sept petites minutes de jeu. "Il faut juste reconnaître qu'on n'a pas été au niveau requis par cette compétition", s'excusait déjà le capitaine auprès du peuple tunisien avant la rencontre.
"On rêve beaucoup, on ne travaille pas assez, on a pris beaucoup de retard", avait lui jugé l'ailier Hannibal Mejbri en début d'année. Le doublé de Yasin Ayari, Suédois d'origine tunisienne, durant ce Mondial aura illustré au passage le peu de fruits récoltés par la politique fédérale, qui souffre de la concurrence avec ses rivaux en Afrique au niveau de l'intérêt des binationaux.
S'il l'on ne sait pas encore ce que fera Hervé Renard à l'automne, les supporters réclament eux une refonte totale du football tunisien, dont les querelles au sein de la gouvernance sont pointées du doigt. Le prochain objectif des Aigles de Carthage sera de se qualifier pour la CAN 2027, en finissant à l'une des deux premières places d'un groupe avec le Botswana, l'Ouganda et la Libye. Une formalité normalement pour les champions d'Afrique 2004. Normalement.
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