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D'abord accusés d'espionnage, puis de fausses déclarations : qu'est-il reproché aux deux réalisateurs français détenus au Togo depuis 25 jours ?

Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français, sont détenus au Togo depuis 25 jours. Ils sont accusés de "fausses déclarations" par les autorités locales, qui affirment qu'ils n'avaient pas les autorisations nécessaires pour filmer dans le pays.

Une des principales routes de Lomé, capitale du Togo, au sud du pays.

Crédit : MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

Deux réalisateurs français détenus au Togo depuis 25 jours

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Sophie Joussellin & AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Cela fait désormais 25 jours que Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs pour la société de production Tony Comiti Productions, sont détenus au Togo. Arrêtés le 27 juillet dernier alors qu'ils étaient partis au Togo pour réaliser un épisode de l'émission "Les Routes de l'impossible" pour France Télévisions, ils sont notamment accusés par les autorités locales de ne pas avoir obtenu les autorisations nécessaires pour filmer à l'intérieur du pays. 

Les deux Français ont été arrêtés au nord du Togo, après avoir dépassé par inadvertance la zone qui leur avait été conseillée. Or, depuis fin 2021, l'extrême nord du Togo, à des dizaines de kilomètres de Kara, est en proie à des incursions de djihadistes présents de l'autre côté de la frontière, au Burkina Faso, miné par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. 


Les autorités ont instauré l'état d'urgence l'année suivante dans une région du nord et l'ont prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en février pour une durée d'un an. D'abord soupçonnés d'espionnage, les deux réalisateurs français font désormais face à des accusations de "fausses déclarations".

"Aucune demande d'accréditation", selon les autorités togolaises

Le régulateur togolais des médias a ainsi affirmé mercredi soir dans un communiqué qu'il "n'a été saisi d'aucune demande d'accréditation concernant ces deux personnes, ni par France Télévisions, ni par les intéressés eux-mêmes, comme le prévoient les textes". La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) togolaise assure ne pas avoir été "informée de l'arrivée sur le territoire des deux personnes dont elle ignore le statut professionnel, ni des activités de tournage qu'elles devraient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays".  

Elle estime que la justice doit déterminer "les circonstances de la présence des intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés". 

Patrice Lucchini, directeur général de la société Tony Comiti Productions, assure être "en règle", précisant que les réalisateurs "ont obtenu une autorisation de tournage" auprès du ministère de la Culture et ont "déclaré leur matériel à la douane". Les deux réalisateurs français étaient par ailleurs accompagnés d'un fixeur togolais, Fred Vedomey, qui a été arrêté en même temps que les deux journalistes, précisent Reporters Sans Frontières (RSF), qui appelle à leur "libération immédiate". 

Leur état de santé inquiète

D'abord assignés à résidence, les réalisateurs ont finalement "été placés en détention provisoire et inculpés pour 'fausses déclarations' le 17 août", selon les informations de RSF. Les trois hommes "sont privés de liberté et retenus au camp d'Agoè Logopé, près de Lomé - une installation des forces de l'ordre située dans le quartier éponyme", ajoute l'organisation de défense des droits des journalistes. 

Les familles des deux réalisateurs se disent "bouleversées par la privation de liberté que subissent au Togo nos compagnons, nos pères, nos fils et nos frères" et "notre inquiétude est immense, notamment pour leur santé". 

RSF rappelle en effet que Sebastian Perez Pezzani "souffre de graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge immédiate". Le directeur de la société de productions ajoute que le journaliste "est malade" et qu'il "risque une septicémie", une infection grave de l'organisme.

Le ministère français des Affaires étrangères précise quant à lui que les deux réalisateurs ont reçu plusieurs visites consulaires. Les relations entre les médias français et les autorités togolaises sont compliquées depuis plus d'un an : en juin 2025, RFI et France 24 avaient été suspendus pour trois mois par les autorités togolaises, accusés d'avoir relayé des propos contre le pouvoir en place. Les deux médias n'ont, depuis, pas repris leur diffusion au Togo. 

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