2 min de lecture

Crise migratoire à Ceuta : Pedro Sánchez écarte à ce stade la responsabilité du Maroc et revendique le caractère espagnol de l'enclave

Pedro Sánchez a défendu devant les députés la gestion par son gouvernement de la crise migratoire à Ceuta, fin juillet, en assurant n'avoir reçu aucune preuve d'une implication du Maroc. Le chef du gouvernement espagnol a en parallèle réaffirmé avec fermeté la souveraineté de l'Espagne sur Ceuta et Melilla, après des déclarations marocaines jugées "inacceptables".

Les forces de sécurité espagnoles surveillent plusieurs personnes ayant pénétré illégalement sur le territoire de Ceuta, en Espagne, en provenance du Maroc, lors d'un afflux migratoire exceptionnel survenu entre le 30 juillet et le 1er août 2026.

Crédit : JORGE GUERRERO / AFP

AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Pedro Sánchez a défendu jeudi 3 septembre devant les députés la réponse de son gouvernement à la crise migratoire survenue à Ceuta fin juillet. Le Premier ministre espagnol a répété qu'aucun service ni organisme international n'avait fourni à Madrid de "preuves solides" d'une implication du Maroc dans l'afflux soudain de migrants des 30 et 31 juillet.

Le sujet empoisonne le débat politique espagnol depuis plusieurs semaines. Les interrogations ont encore été relancées par la fuite, mercredi dans la presse, d'un rapport policier évoquant notamment la "permissivité" des forces de l'ordre marocaines pendant ces deux journées. Malgré cela, Pedro Sánchez a maintenu sa ligne : si des preuves existaient, l'Espagne agirait "avec toute la fermeté que la situation exige".
Le chef du gouvernement a aussi assuré qu'aucun rapport préalable n'avait permis d'anticiper "l'ampleur" ni même "la possibilité" d'un tel épisode. Sa gestion de la crise est vivement attaquée par l'opposition de droite et d'extrême droite, mais aussi par certains alliés de gauche, qui soupçonnent Rabat d'avoir joué un rôle dans cet afflux ayant causé des dizaines de morts et de disparus.

Depuis des siècles, ces deux villes sont espagnoles (...). Et je vous assure que, pour le gouvernement espagnol, cela restera ainsi jusqu'à la fin des temps.

Pedro Sánchez

 S'il refuse à ce stade de mettre directement en cause le Maroc, Pedro Sánchez a en revanche dénoncé les propos de deux ministres marocains sur Ceuta et Melilla. Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a récemment revendiqué la "marocanité" des deux enclaves, en invoquant un "droit historique" et un "droit géographique".

Devant les députés, le dirigeant espagnol a qualifié ces déclarations d'"inacceptables" et rappelé que l'ambassadrice marocaine avait été convoquée le 21 août. "Depuis des siècles, ces deux villes sont espagnoles (...). Et je vous assure que, pour le gouvernement espagnol, cela restera ainsi jusqu'à la fin des temps", a-t-il lancé depuis la tribune.

À écouter aussi

Pedro Sánchez a également appelé le roi Felipe VI à se rendre "dans les prochaines semaines" à Ceuta et Melilla pour y porter "l'engagement absolu de l'État". La dernière visite d'un souverain espagnol dans ces territoires remonte à novembre 2007, lorsque Juan Carlos s'y était rendu, provoquant alors une crise diplomatique avec Rabat.

Une crise sur fond de tensions régionales

Le Maroc revendique la souveraineté sur Ceuta et Melilla, considérées par Rabat comme des territoires occupés par l'Espagne, même si cette revendication n'a pas été portée devant l'ONU. Le royaume concentre surtout ses efforts diplomatiques sur le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée en grande partie par le Maroc et également revendiquée par le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.

Madrid soutient depuis 2022 la solution marocaine sur ce dossier. Mais selon certains analystes, la crise migratoire de Ceuta pourrait avoir servi de message adressé à l'Espagne après la visite de Pedro Sánchez en Algérie en juillet.

La très grande majorité des migrants arrivés à Ceuta fin juillet sont repartis rapidement. Plusieurs milliers de personnes restent toutefois présentes dans cette enclave espagnole de plus de 80.000 habitants : environ 5.000 selon le gouvernement central, jusqu'à 10.000 selon les autorités locales.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée