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"Ce n'est pas le Beyrouth que je connais" : poursuivre la guerre ou négocier ? La société libanaise fracturée avant les pourparlers avec Israël à Washington

Des pourparlers sont prévus mardi 14 avril entre des représentants libanais et israéliens à Washington, après le feu vert donné par l'État hébreu sous pression américaine.

Un immeuble effondré à Beyrouth, en avril 2026.

Crédit : Valentin Boissais / RTL

Liban : la société fracturée à la veille des négociations de Washington

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Valentin Boissais

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Des responsables d'Israël et du Liban doivent se rencontrer à Washington mardi 14 avril en présence de dirigeants américains, pour évoquer un cessez-le-feu. Véritable martyr, le pays du cèdre - où les morts se comptent par centaines, voire par milliers - a été entraîné dans le conflit au Moyen-Orient en raison des attaques de l'État hébreu et des milices du Hezbollah pro-iranien. Plongée dans la société libanaise, divisée sur cette guerre qu'elle n'a pas choisi. 

Sur les lieux de frappe de ces derniers jours en plein centre-ville de la capitale Beyrouth, Abdelkader observe la tour d'à côté de chez lui. Des cinq étages, il ne reste qu'un tas de gravats. "L'explosion a été monstrueuse, c'est un immeuble résidentiel où des familles vivent. On dit qu'ils avaient une seule cible à l'intérieur et ils ont fait effondrer tout. Mon voisin est mort dans l'explosion", témoigne-t-il à notre micro, alors qu'un tractopelle a été amené et des hommes s'affairent en portant des masques. L'odeur est forte car il y a encore des restes de victimes sous les décombres.

"Je lis les mots 'pourparlers' ou 'négociation'. J'espère vraiment que ça va aboutir, je suis fatigué, ajoute-t-il, lui qui suit en continu les informations sur son téléphone. "Un immeuble détruit, ce sont des mois entiers ensuite de reconstruction. Il y en a des centaines comme ça partout. Ce n'est pas le Beyrouth que je connais". Juste à côté, l'église de quartier - ouverte aux victimes des bombardements - célèbre un office pour les disparus de la semaine. Au cours de la cérémonie, on entend des prières pour le cessez-le-feu.

"Beaucoup d'initiatives ont été prises pour assister les familles. Nous avons vraiment besoin d'aide et d'assistance pour pouvoir couvrir tous les besoins", explique le père. Son appel vise à faire pression sur les gouvernements libanais et israélien pour s'entendre dans les négociations.

"Les choses sont très dures, on n'a plus le choix"

Mais au sein de la société libanaise, tous ne se retrouvent pas à propos de cette guerre. Deux blocs se fracturent : d'un côté, ceux qui veulent la paix à tout prix, et de l'autre, les partisans du Hezbollah.

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Dans les rues, des hommes en scooter, parfois cagoulés, brandissent des drapeaux jaunes du groupe afin de défier l'interdiction militaire de manifester. Ali est totalement contre ces pourparlers : "C'est inadmissible ce qui se passe en ce moment. L'ennemi, c'est Israël et on ne doit pas négocier avec lui. C'est une insulte au peuple libanais. On doit le combattre, le chasser hors de nos terres par les armes. D'ailleurs, Israël ne devrait même pas exister donc il n'est pas un interlocuteur", dit-il, un petit drapeau iranien dans la main, affirmant qu'il veut continuer la guerre.

Des désaccords au sein même du Liban. Une situation délicate à gérer pour le gouvernement. Paula Yacoubian, députée indépendante de Beyrouth et proche conseillère du Premier ministre qui a engagé ses discussions avec Israël.

"Les choses sont très dures, on n'a plus le choix. Le Liban est coincé, il faut accepter ça, il faut être franc avec les Libanais. Il faut aller négocier, c'est tout ce qui nous reste", explique-t-elle à RTL. "C'est la première fois que même les déplacés ne trouvent pas d'aide. C'est pour ces gens-là, avant les autres et avant tout le Liban, qu'il faut vraiment négocier pour qu'ils rentrent chez eux, pour qu'ils puissent réclamer leur village et leur terre et tous leurs biens".

Mardi, le Liban fera face à une journée à haut risque, tant sur le plan militaire que sur le plan des tensions politiques internes.

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