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Canada : ce que l'on sait de la tuerie en Nouvelle-Ecosse

Un homme armé a tué au moins 16 personnes, dont une policière dans la nuit de samedi à dimanche dans l'est du Canada. Bien que la piste terroriste ait été écartée, les raisons de son geste sont encore mystérieuses.

Des forces de l'ordre après la neutralisation du tireur dans une station-service près de Elmsdale, en Nouvelle-Ecosse, dimanche 19 avril 2020
Des forces de l'ordre après la neutralisation du tireur dans une station-service près de Elmsdale, en Nouvelle-Ecosse, dimanche 19 avril 2020 Crédit : tim krochak / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

C'est d'ores et déjà la pire tuerie qu'ait connu le Canada. Un homme armé de 51 ans a abattu au moins 16 personnes dans la nuit du 18 au 19 avril en Nouvelle-Ecosse. Le tireur a été tué dimanche midi au terme d'une chasse à l'homme dans cette province de l'est du Canada qui aura duré une douzaine d'heure.


Lors de sa cavale meurtrière, Gabriel Wortman a notamment circulé au volant d'une voiture semblable à celles de la police, portant au moins une partie d'un uniforme de policier. Il a semé la mort en plusieurs endroits, dans des circonstances et pour une raison encore mystérieuses qui ont choqué le pays. 

Plusieurs victimes "ne semblent pas avoir de lien avec le tireur", a expliqué le responsable des enquêtes criminelles de la police fédérale de Nouvelle-Écosse Chris Leather. L'une des victimes était une policière, Heidi Stevenson, qui comptait 23 ans d'expérience, rappelle Radio Canada, et était mère de deux enfants. 

Quelles motivations ?

"Il est trop tôt pour parler de motivation", a également noté Chris Leather. "Le fait que cet individu disposait d'un uniforme et d'une voiture de police laisse certainement penser que ce n'était pas un acte spontané". Les autorités ont toutefois indiqué que cet acte n'était pas considéré à ce stade comme de nature terroriste.

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La Gendarmerie Royale du Canada a ainsi publié des photos de la voiture de police recherchée. "Gabriel Wortman pourrait conduire ce qui semble être un véhicule de la GRC et pourrait porter un uniforme de la GRC. Il y a une différence entre sa voiture et nos véhicules de la GRC : le numéro. Le numéro de la voiture du suspect, derrière la fenêtre arrière côté passager, est 28B1"

Une chasse à l'homme de 12 heures

La tuerie a commencé samedi en fin de soirée dans la petite commune rurale de Portapique, une bourgade d'une centaine d'âmes à environ 130 kilomètre de la capitale Halifax. Plusieurs victimes ont été découvertes devant et à l'intérieur d'une maison où la police a été appelée après des signalements de coups de feu.

L'auteur présumé de ces meurtres avait pris la fuite à l'arrivée de la police, déclenchant une vaste chasse à l'homme. Les habitants de la région, déjà confinés par l'épidémie de coronavirus, ont été priés de s'enfermer chez eux par les autorités. L'homme en fuite est "armé et dangereux'", avait prévenu la police, conseillant même aux habitants de se réfugier dans leur sous-sol si possible.  

Gabriel Wortman a été tué lors de son arrestation dimanche en fin de matinée. "Sa traque a pris fin dans une station-service", précise Radio Canada, "à environ une heure de route au sud de Portapique". 

Gabriel Wortman, un citoyen lambda ?

Photo de Gabriel Wortman, auteur présumé de la tuerie
Photo de Gabriel Wortman, auteur présumé de la tuerie Crédit : Handout / Royal Canadian Mounted Police / AFP

Wortman était propriétaire d'un cabinet d'orthodontie à Dartmouth, près de Halifax, ainsi que d'autres propriétés, dont un second cabinet. Selon les médias canadiens, qui ont interrogé son entourage, le quinquagénaire aurait eu, au lycée, des intentions de poursuivre une éventuelle carrière dans les forces de l'ordre. 

Un de ses anciens camarades affirme en effet que "l'avenir de Gabe pourrait inclure d'être un officier de la GRC (ndlr : la Gendarmerie Royale du Canada)". Un témoignage troublant au regard des circonstances. La police a aussi indiqué qu'elle tenterait de déterminer si ce massacre avait un lien quelconque avec l'épidémie de coronavirus, qui a entraîné la fermeture des activités non essentielles dans tout le pays.

Un des actes violents les plus insensés de l'histoire de notre province

Le Premier ministre de Nouvelle-Ecosse
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Le Premier ministre de Nouvelle-Ecosse, Stephen McNeil, a pour sa part dénoncé "un des actes violents les plus insensés de l'histoire de notre province" atlantique, qui vit surtout de l'exploitation du bois et de la pêche. C'est l'une des provinces les moins peuplées du pays -qui en compte dix- avec moins d'un million d'habitants.

Les fusillades de masse sont rares dans le pays, contrairement au voisin américain. Le 6 décembre 1989, un homme avait tué par balles 14 femmes à l'école Polytechnique de Montréal avant de se donner la mort, provoquant ce qui était, jusqu'à aujourd'hui, la pire tuerie de masse de l'histoire du pays.

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