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Californie : vers la fin de l'"ubérisation" du travail ?

Une loi octroyant des avantages sociaux aux travailleurs indépendants entre en vigueur en 2020. Un texte combattu par des firmes comme Uber.

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Californie : vers la fin de l'"ubérisation" du travail ? Crédit Image : Becky Katz Davis / Uber / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Philippe Corbé
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édité par Félix Roudaut

Avec la nouvelle année qui commence, l'entrée en vigueur d'une loi en Californie pourrait remettre en cause l'"ubérisation" du travail. Ce phénomène, que l'on appelle également la "gig economy" ou "l'économie des petits boulots", concerne toutes les plateformes numériques qui mettent en relation des travailleurs et des clients, pour des livraisons, du ménage, du bricolage ou autre.

Rien que pour la Californie, 400.000 travailleurs sont directement concernés, et 1,5 million indirectement. 16 millions d'actifs sont impactés au total aux États-Unis. On estime que d’ici la fin de la décennie, un actif américain sur deux travaillera pour l’une de ces plateformes, à temps plein ou pour un revenu de complément.

L'objectif de cette nouvelle loi est d'obliger les entreprises à octroyer des avantages sociaux (paiement d'heures supplémentaires, salaire minimum, etc.) aux travailleurs indépendants qu'elles emploient, comme s'ils étaient salariés. Pour l’heure, Uber affirme qu’elle n’emploie pas de chauffeurs, et répète qu’elle n’est qu’un lieu de rencontre entre des chauffeurs indépendants et des clients.

Une loi contestée

Mais la loi elle est l'objet d'un véritable bras de fer et de nombreux recours sont encore possibles. L’association patronale des transporteurs a obtenu en justice que 70.000 livreurs indépendants ne soient pas concernés et ne puissent bénéficier de ces nouveaux droits. La bagarre continue. Uber considère que la loi ne s’applique pas à ses chauffeurs et a lancé une action en justice.

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Uber et d’autres plateformes vont dépenser des dizaines de millions de dollars pour collecter des signatures et obtenir l’organisation d’un référendum, comme le permet la loi californienne. Elles veulent monter les consommateurs contre les travailleurs. Car ce qui se joue, c’est bien l’avenir de ce modèle économique des plateformes nées avec la généralisation des téléphones intelligents.

Les plateformes menacées ?

Les plateformes se disent menacées, car leur modèle repose sur le travail à bas coût, et elles annoncent que ce sont les consommateurs qui payeront les services 35% plus cher. Donc elles ne seraient pas forcément plus compétitives que des entreprises classiques. Uber, firme à l'incroyable succès, a toutefois vécu une entrée en bourse agitée et dû se résoudre à licencier.

L'entreprise répète qu’une partie de ses chauffeurs souhaitent rester des travailleurs indépendants, notamment ceux pour qui c’est un revenu de complément, quelques heures ici ou là. Ils veulent pouvoir garder la souplesse du système, sans dépendre d’une entreprise. En fait derrière ce débat social il y a aussi une question de société, notre rapport au travail, au temps de travail, au salariat, et pas seulement dans ces plateformes.

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