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Brésil : procédure de destitution contre la présidente Dilma Roussef

L'opposition de droite accuse la présidente d'avoir maquillé les comptes de l'État en 2014 et 2015 pour minimiser l'ampleur de la crise économique.

Dilma Roussef le 24 septembre 2014.
Dilma Roussef le 24 septembre 2014. Crédit : JEWEL SAMAD / AFP
Marine Cluet et AFP

Après avoir agité la menace pendant trois mois, le président la Chambre des députés du Brésil Eduardo Cunha a lancé mercredi 2 décembre une procédure de destitution contre Dilma Rousseff. L'opposition de droite accuse la présidente d'avoir sciemment maquillé les comptes de l'État en 2014 et 2015 pour minimiser l'ampleur de la crise économique.

"Je ne fais pas ça de gaieté de cœur", a affirmé en début de soirée Eduardo Cunha, ennemi juré de la chef d'État, lors d'une conférence de presse improvisée à Brasilia. Cette décision va en effet plonger le Brésil, déjà embourbée dans une profonde récession et ébranlée par le gigantesque scandale de corruption autour du groupe pétrolier étatique Petrobras, dans une gravissime crise politique susceptible de le paralyser pendant de longs mois. 

"Cela veut dire autoriser l'ouverture (de la procédure), non pas d'en juger du bien-fondé, ce qui reviendra à la commission spéciale (de la chambre basse) qui pourra l'accepter ou le rejeter", a précisé le président de la chambre basse du parlement.

Une décision "sans aucun fondement"

"J'ai appris avec indignation la décision du président de la chambre des députés de donner suite à une demande de destitution du mandat qui m'a été démocratiquement conféré par le peuple brésilien", a vite réagi Mme Rousseff lors d'une brève et solennelle allocution à la Nation. "Les arguments qui motivent cette demande sont inconsistants et sans aucun fondement. Je n'ai commis aucun acte illicite et aucune suspicion de détournements publics ne pèse contre moi", a-t-elle ajouté, entourée de 11 membres de son cabinet.

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En cas de mise en accusation par les députés, Dilma Rousseff serait écartée provisoirement de ses fonctions pendant un maximum de 180 jours. C'est au Sénat qu'il reviendrait de la juger en session plénière dirigée par le président du Tribunal suprême. Deux tiers des voix des sénateurs (54 sur 81) seraient requis pour destituer immédiatement la présidente, faute de quoi elle serait immédiatement réinvestie dans ses fonctions. En cas de destitution de Dilma Rousseff, c'est son vice-président Michel Temer, membre du Parti du Mouvement démocratique brésilien, (PMDB, centre), qui la remplacerait jusqu'aux prochaines élections de 2018.

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