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Brésil : l'ex-président Lula s'est finalement rendu et est arrivé en prison

Condamné à de la prison pour corruption, l'ancien président brésilien restait retranché, entouré de ses militants, ignorants l'ultimatum de la justice.

L'ancien président brésilien Lula da Silva est directement visé dans l'enquête sur le scandale de corruption de l'entreprise étatique Petrobras.
L'ancien président brésilien Lula da Silva est directement visé dans l'enquête sur le scandale de corruption de l'entreprise étatique Petrobras. Crédit : EFE/SIPA
lucie valais
Lucie Valais
et AFP

Et Lula finit par se rendre à la justice. L'ancien président brésilien a finalement quitté le siège du syndicat métallurgistes de Sao Bernardo do Campo (sud), où il était retranché, entouré de ses militants. Il est arrivé dans la soirée du samedi 7 avril à la prison de Curitiba (sud), en hélicoptère, afin de commencer à purger une peine de plus de 12 ans de détention pour corruption, selon les images de la télévision locale. Plus tôt dans la journée, Lula est finalement allé se rendre à la police, avant de commencer à purger une peine de plus de douze ans de prison pour corruption, a annoncé TV Globo.

L'icône de la gauche brésilienne et favori de la présidentielle d'octobre a été amené dans un convoi de police, après avoir été d'abord empêché de partir en voiture par quelques dizaines de militants opposés à sa reddition, lors d'une scène chaotique. Après deux jours de bras de fer avec la justice, l'ancien leader brésilien avait annoncé qu'il acceptait de se rendre.

Après un bras de fer de deux jours avec la justice, l'ancien président brésilien avait annoncé qu'il acceptait de se rendre. Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à plus de 12 ans de prison pour corruption, avait ignoré l'ultimatum et ne s'était pas rendu à la justice dans le délai imposé, à savoir vendredi 6 avril, à 17 heures locale (20h00 GMT).

Deux jours de négociations

L'ex-leader du Brésil, qui devait alors rejoindre le siège de la police fédérale de Curitiba, avait préféré rester confiné à quelque 400 kilomètres de là, au siège des syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo, entouré de milliers de militants de gauche.

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Selon la chaîne de télévision G1, les avocats de l'ex-président étaient "en négociations" avec les autorités pour établir les conditions dans lesquelles il se rendrait à la justice. Un porte-parole de la justice fédérale a indiqué que Lula n'avait pas "désobéi à un ordre judiciaire", soulignant que le mandat de dépôt stipulait que le juge lui avait donné une "opportunité" de se présenter sans être arrêté.  

La Cour suprême avait rejeté dans la nuit de mercredi à jeudi 5 avril une demande d'habeas corpus qui aurait permis à l'ancien chef de l'État (2003-2010), aujourd'hui âgé de 72 ans, de rester en liberté jusqu'à l'épuisement de tous les recours. Jeudi soir, son ennemi intime, le juge anticorruption Sergio Moro, en poste à Curitiba, a pris tout le monde de court avec l'émission d'un mandat de dépôt, que la plupart des observateurs n'attendaient que pour la semaine prochaine. 

La défense des deux camps s'organise

Les défenseurs de Lula d'un côté, et de Sergio Moro de l'autre, ne comptent pas abandonner la lutte. Bien au contraire. "Cette incarcération est illégale. S'ils veulent l'arrêter, qu'ils viennent ici. Ce sera comme à l'époque de la dictature, avec une marée humaine devant la police", a assuré aux journalistes Lindberg Farias, un sénateur du Parti des Travailleurs, fondé par Lula dans les années 80. 

Ses avocats avaient présenté vendredi 6 avril un nouveau recours devant le Tribunal supérieur de justice (STJ) pour éviter son emprisonnement, mais cette énième requête a été rejetée à une demi-heure du délai fixé par le juge Moro pour qu'il se présente aux autorités. Sa défense a également sollicité l'intervention de la Commission des droits de l'homme de l'ONU pour qu'elle fasse pression sur le gouvernement brésilien afin d'empêcher son incarcération. 

Lula a passé la nuit au siège du syndicat, après avoir salué vers 3 heures les milliers de militants massés près des locaux. "Lula doit résister jusqu'à la fin. Il ne s'enfuira pas et le peuple ne le livrera pas. Nous allons fermer les rues, rester devant la porte et nous devrons affronter la police", avait affirmé Adimir José da Silva, 57 ans, un membre du syndicat des cheminots ABC. 

Lula, fugitif !

Les opposants à l'ancien président brésilien
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Le camp opposé à Lula s'est également mobilisé. À Curitiba, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés au siège de la police fédérale où l'ancien chef de l'Etat devait normalement se présenter. En début de soirée, plusieurs d'entre eux ont entonné un compte à rebours, avant de s'écrier, à l'heure exacte : "Lula fugitif !".

Et une femme de 51 ans de conclure : "je veux que Lula aille en prison, nous voulons un avenir meilleur. Je veux un nettoyage complet de tous les corrompus".

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2018-04-07 00:17:00
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