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Birmanie : qui était Mya, la manifestante tuée, devenue martyre de la résistance ?

ÉCLAIRAGE - Employée dans une épicerie, Mya Thwate Thwate Khaing, décédée vendredi, est devenue une icône pour les manifestants anti-junte en Birmanie.

Une manifestante brandit un portrait de "Mya" décédée à Naypyidaw, le 19 février 2021.
Une manifestante brandit un portrait de "Mya" décédée à Naypyidaw, le 19 février 2021. Crédit : Sai Aung Main / AFP
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Thomas Pierre et AFP

"Mya" est la première victime de la répression militaire en Birmanie. Blessée le 9 février, la manifestante de tout juste 20 ans est décédée ce vendredi. La jeune femme avait reçu une balle dans la tête lors d'une manifestation contre le putsch à Naypyidaw, la capitale administrative de la Birmanie.


Des violences avaient éclaté lorsque les forces de sécurité avaient commencé à tirer des balles en caoutchouc sur les manifestants. Les médecins de l'hôpital de la ville avaient par la suite déclaré qu'au moins deux personnes avaient été grièvement blessées par des balles réelles, dont la jeune femme, qui était venue manifester avec ses soeurs. La famille de Mya fait partie des soutiens à la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi. 

Le True News Information Unit, publication de l'armée birmane, avait affirmé que les forces de sécurité n'étaient équipées que d'armes non létales le jour où Mya a été atteinte d'une balle à la tête. Mais les images diffusées, notamment par l'AFP, "contredisent ces affirmations", selon l'ONG Amnesty International, qui estime que "la police de Naypyidaw a du sang sur les mains."

"Priez pour notre martyre"

Employée dans une épicerie, Mya Thwate Thwate Khaing, est rapidement devenue une icône pour les manifestants qui réclament la libération d'Aung San Suu Kyi, la fin de la dictature et l'abrogation de la constitution de 2008, trop favorable à l'armée.

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Une banderole géante a été déployée le lendemain de l'événement sur un pont de Rangoun, la capitale économique, représentant la jeune femme inconsciente. La colère était vive aussi sur les réseaux sociaux: "Vous êtes notre héroïne", "Priez pour notre martyre", "Cet acte de haine doit être puni", pouvait-on lire sur Facebook.

L'armée birmane a pris le pouvoir le 1er février, arrêtant la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi ainsi que d'autres responsables politiques. Depuis, des centaines de milliers de Birmans sont descendus dans les rues à travers le pays, même à Naypyidaw, construite par la junte au beau milieu de la jungle. C'est là, au coeur du pouvoir militaire, que Mya a trouvé la mort quelques jours  après son vingtième anniversaire. 

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