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Détroit d'Ormuz, uranium, déblocage de fonds... Ce que contient le projet d'accord de paix entre les États-Unis et l’Iran

Alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran semblent progresser vers un accord de paix, les divergences persistent sur le contenu du texte. Entre optimisme affiché par Islamabad, tensions diplomatiques et versions contradictoires à Washington et Téhéran, la perspective d'un compromis reste incertaine malgré des signaux jugés encourageants.

Donald Trump, le 27 mai 2026

Crédit : Kent NISHIMURA / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui." L'espoir renaît chez Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan et principal médiateur dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran. Téhéran et Washington évoquent la perspective d'un accord de paix. "Le mémorandum d'entente d'Islamabad (capitale du Pakistan) n'a jamais été aussi proche", insiste-t-il, tandis que Donald Trump, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, a accusé Téhéran de mentir sur le contenu du projet.

À Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". Les versions du futur texte diffèrent entre les deux capitales. RTL revient sur les principaux points de cet accord.

Des divergences sur le détroit d'Ormuz et l'uranium

L'agence de presse iranienne Mehr a publié vendredi ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, la levée du blocus américain, le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger. 

Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, a également préconisé une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%. À noter que diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires. Téhéran dément par ailleurs vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les États-Unis et Israël.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte. Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays. Sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance. Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Autre point d'achoppement majeur : le front libanais. Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les États-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément. D'après l'agence Mehr, les deux dossiers sont indissociables selon la République islamique. 

Une signature en Suisse ?

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE, ministère) "est actif comme facilitateur pour soutenir les efforts en vue d'un Memorandum of Understanding (protocole d'accord, NDLR) destiné à consolider la trêve et à ouvrir la voie à une désescalade dans le cadre du conflit entre l'Iran et les USA", a-t-il indiqué.

En outre, le ministère précise qu'il "a proposé la Suisse comme lieu pour une éventuelle signature, si les parties devaient en convenir". Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance". Fin février, Genève avait accueilli une session de pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis, quelques jours seulement avant le début des frappes américaines contre l'Iran.

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