2 min de lecture Attentats en Tunisie

Attentat en Tunisie : la mère du terroriste prend sa défense

Pour Radhia Manai, la mère de l'auteur de l'attentat qui a fait 38 morts en Tunisie la semaine dernière, son fils est "une victime" de gens qui lui "ont lavé le cerveau".

Une femme se recueille sur les lieux de l'attentat perpétré au Nord de Sousse (Tunisie)
Une femme se recueille sur les lieux de l'attentat perpétré au Nord de Sousse (Tunisie) Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Dix jours après le sanglant attentat survenu sur une plage en Tunisie, la mère du terroriste prend pour la première fois la parole pour défendre son fils, une "victime comme les autres". Dans une interview au Sunday Times, Radhia Manai, 49 ans, estime que "quelqu'un a du faire pression" sur Seifeddine Rezgui, un étudiant en master de 23 ans, pour commettre un tel acte. "Mon fils aimait la musique, la breakdance et le football. Ils ont dû le droguer et lui laver le cerveau pour qu'il fasse cette chose diabolique et je veux qu'on trouve ceux qui ont fait ça", a-t-elle ajouté.

Quelques jours son plus tôt, le père du jeune homme abattu par les forces de l'ordre après avoir tué 38 personnes sur la plage de l'Imperial Marhaba de Port El Kantaoui tenait les mêmes propos. "Je suis choqué, ils ont dû faire un lavage de cerveau à mon fils. Il faisait de bonnes études, il allait avoir son diplôme. Il était cultivé."

Incapable de tuer une souris

"Je ne peux pas y croire. Un jour il y avait une souris dans la maison et j'ai demandé à Seifeddine de la tuer. Il a refusé en disant 'je ne peux tuer personne'", a ajouté cette mère qui pleure l'aîné de ses trois fils. Le second, âgé de 15 ans, a été tué par un éclair il y a cinq ans et le dernier, âgé de 5 ans est autiste. "Il croyait en dieu pas en cette merde de Daech (le groupe État islamique en arabe, qui a revendiqué l'attentat)", a ajouté son père, Hakim Rezgui, qui a accordé cette interview dans la modeste maison familiale à Gaafour, une petite ville du gouvernorat de Siliana (nord-ouest).

Sa mère juge que son fils a dû changer à l'université de Kairouan où il étudiait pour devenir ingénieur
: "Je sais que nous avons beaucoup de terroristes donc je lui ai dit 'si tu veux prier, va à la mosquée et rentre directement, ne parle pas aux salafistes". Selon son père, l'étudiant qui rentrait les week-ends et pendant les vacances chez ses parents, "adorait rencontrer des touristes et rêvait de finir ses études en France".

Ils ont tous les deux rejeté les affirmations des autorités tunisiennes qu'il s'était entraîné en Libye en janvier avec les tueurs du musée du Bardo, affirmant qu'il les appelait quotidiennement. "J'aurais reconnu le numéro", a argumenté son père. "Nous sommes les parents de ce tueur même si nous ne le reconnaissons pas", a ajouté le père, disant se "sentir tellement coupable".

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