3 min de lecture Attentat à Berlin

Attentat à Berlin : pourquoi l'Allemagne est-elle frappée par le terrorisme ?

ÉCLAIRAGE - L'attentat à Berlin confirme les menaces importantes qui planaient sur l'Allemagne.

Des fleurs sont déposées en hommage aux victimes de l'attentat de Berlin, près du marché de Noël, le 20 décembre 2016.
Des fleurs sont déposées en hommage aux victimes de l'attentat de Berlin, près du marché de Noël, le 20 décembre 2016. Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

L'Allemagne frappée au cœur de sa capitale. L'attentat au camion fou qui a causé la mort d'au moins douze personnes et fait quarante-huit blessés, dans la soirée de lundi 19 décembre sur le marché de Noël, a été revendiqué 24 heures après les faits par l'État islamiste. Une attaque qui rappelle une nouvelle fois que la menace terroriste demeure particulièrement élevée dans le pays le plus peuplé de l'Union européenne.

Ces derniers mois, plusieurs opérations policières et interpellations dans le cadre de la lutte antiterroriste ont eu lieu sur le territoire allemand. Récemment, un garçon de 12 ans a été interpellé car soupçonné d'une tentative d'attaque à la bombe sur un marché de Noël. En octobre, un Syrien s'est donné la mort en prison après avoir été arrêté alors que selon les enquêteurs il se préparait à commettre un attentat contre un aéroport de Berlin. En février dernier, une adolescente germano-marocaine de 15 ans avait poignardé au cou un policier dans la gare de Hanovre, en se revendiquant du groupe terroriste État islamique. Et lors du Nouvel An 2015, des menaces imminentes avaient conduit à l'évacuation de deux gares munichoises. L'attaque la plus marquante, en rapport avec le terrorisme islamiste, restait jusqu'à présent l'explosion kamikaze près d'un festival de musique à Ansbach en juillet dernier.

Soutien en Syrie

Dans cette attaque à Ansbach, qui n'avait pas fait de victimes au sein de la population, le kamikaze ayant prêté allégeance à Daesh affirmait avoir voulu commettre une "vengeance contre les Allemands qui se mettent en travers de la voie de l'islam".

De par son implication dans la coalition internationale luttant contre le groupe État islamique en Irak et en Syrie, l'Allemagne constitue une cible majeure pour les jihadistes. Même si elle est loin d'être en première ligne dans ce combat, mené principalement par les forces irakiennes en coopération avec les forces américaines et françaises, la Défense allemande apporte tout de même un soutien logistique avec de l'armement mais aussi de la formation militaire au bénéfice des troupes kurdes. "Quand on raisonne dans cette idée perverse d'une guerre des cultures, l'Allemagne est avec la France, les États-Unis, la Belgique et l'Italie", constate Frank Baasner, directeur de l'institut franco-allemand de de Ludwigsburg, au micro de RTL.

"Beaucoup de frustration"

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Plus récemment, alors qu'il s'agissait plutôt d'une caractéristique propre à la France, la politique d'Angela Merkel peut aussi être mal perçue par les islamistes radicaux. Outre son revirement vis-à-vis de la politique d'accueil des réfugiés sur le territoire allemand, la chancelière allemande, en campagne pour les élections législatives, s'est prononcée début décembre contre le port du voile intégrale.

Mathieu Guidère, spécialiste de géopolitique et du monde arabe et musulman, estime qu'il était "inévitable" que l'Allemagne soit frappée par une attaque islamiste de grande ampleur, dans la mesure où les réfugiés sur le sol allemand peuvent, selon lui, éprouver un ressentiment contre leur pays d'accueil. "L'Allemagne a accueilli 1,2 million de syriens. Leur situation a beaucoup évolué. Il y a beaucoup de frustration. Le contrôle est devenu beaucoup plus stricte et on est très loin des scènes de liesse vues à Francfort", estime-t-il sur RTL.

Ce climat de tension peut également générer des motivations xénophobes exacerbées, comme l'avait montré la fusillade de Munich survenue le 22 juillet 2016. Le tireur, admiratif du tueur norvégien Anders Behring Breivik et connu pour avoir associé les ressortissants turcs à Daesh, avait tué neuf personnes avant de se suicider.

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