1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Arabie Saoudite : libération de la militante Loujain al-Hathloul
3 min de lecture

Arabie Saoudite : libération de la militante Loujain al-Hathloul

La jeune femme de 31 ans est sortie de prison mercredi 10 février après avoir passé presque trois années derrière les barreaux.

La militante féministe Loujain Al Hathloul a été libérée de prison, le 10 février 2021
La militante féministe Loujain Al Hathloul a été libérée de prison, le 10 février 2021
Crédit : AFP PHOTO / FACEBOOK ACCOUNT OF SAUDI ACTIVIST LOUJAIN AL-HATHLOUL
Florine Boukhelifa & AFP

"Loujain est rentrée à la maison après 1.001 jours passés en prison", a écrit sa sœur Lina sur Twitter. La militante saoudienne des droits humains Loujain al-Hathloul a été libérée mercredi 10 février après quasiment trois années passées en prison, au moment où Ryad fait face à des critiques grandissantes concernant le respect des droits humains dans le royaume.

À Washington, le président Joe Biden s'est félicité de cette nouvelle, déclarant : "Elle était une importante militante des droits des femmes et la libérer était la chose à faire". Emmanuel Macron a également réagi sur Twitter : "Je me réjouis de la libération de Loujain al-Hathloul et partage le soulagement de sa famille". Le Canada, qui avait déclenché une crise diplomatique avec le royaume après avoir dénoncé des arrestations de défenseurs saoudiens des droits humains, s'est dit de son côté "très soulagé" de cette libération.

Loujain al-Hathloul avait été arrêtée en mai 2018, avec d'autres militantes, peu avant la levée de l'interdiction de conduire faite aux Saoudiennes, une réforme pour laquelle ces femmes militaient. Elle a été condamnée le 29 décembre à cinq ans et huit mois de prison en vertu d'une loi "antiterroriste", dont un sursis de deux ans et dix mois "à condition qu'aucun crime ne soit commis dans les trois ans". Le tribunal avait également interdit à la militante de quitter le royaume pendant cinq ans."Loujain est à la maison, mais elle n'est pas libre. Le combat n'est pas terminé", a affirmé sa soeur.

L'Arabie Saoudite dans le viseur de Joe Biden

Les autorités saoudiennes n'ont pas officiellement commenté la détention, le procès ou la libération de la jeune femme. "La libération de Loujain al-Hathloul après une terrible épreuve en prison en Arabie saoudite, qui a duré près de trois ans, est un soulagement incroyable", a déclaré Lynn Maalouf, d'Amnesty International. "Rien ne peut rattraper le traitement cruel qu'elle a subi, ni l'injustice de son emprisonnement", selon l'organisation.

À lire aussi

"Il est certain que sa libération est une étape bienvenue", a affirmé le porte-parole du département d'État américain Ned Price. "Promouvoir les droits des femmes et les autres droits humains ne doit jamais être criminalisé." Joe Biden s'était engagé pendant sa campagne électorale à faire de l'Arabie saoudite un État "paria" en raison de ses atteintes aux droits de l'homme, sur lesquelles Donald Trump avait largement fermé les yeux pendant son mandat.

Le nouveau président américain devrait tenter de pousser à la libération de prisonniers détenteurs de la double nationalité américaine et saoudienne, des militants et même des membres de la famille royale, dont beaucoup sont détenus sans accusation formelle. "Les élections ont de l'importance et l'arrivée de l'administration Biden, qui a mis les droits humains en tête de ses priorités concernant l'Arabie saoudite, a de l'impact", a commenté Kristin Diwan, de l'Arab Gulf States Institute. "Il faut aller plus loin avant qu'on puisse parler de progrès en termes de droits humains", estime-t-il toutefois.

Une détention marquée par le harcèlement et la torture

Militante de la cause des Saoudiennes, Loujain al-Hathloul a défendu le droit des femmes à conduire et s'est opposée à la tutelle mettant la femme à la merci totale de l'homme. Elle avait été qualifiée de "traître" par la presse locale pour avoir eu des contacts avec des diplomates et des ONG internationales.

Loujain al-Hathloul avait entamé une grève de la faim en prison le 26 octobre avant de l'interrompre deux semaines plus tard, selon Amnesty international et sa famille. La militante a été victime de harcèlement sexuel et de torture pendant sa détention, selon sa famille, des allégations démenties par les autorités. Le cas de la jeune femme avait été transféré fin novembre à une cour chargée des affaires de "terrorisme", selon sa famille.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhan avait révélé début décembre que Loujain al-Hathloul était accusée d'avoir été en contact avec des États "hostiles" au royaume et d'avoir transmis des informations confidentielles. Cependant, le gouvernement saoudien n'a apporté aucune preuve tangible à l'appui de ces accusations, selon des proches de la militante.

Le bureau des droits de l'Homme de l'ONU avait jugé en décembre "profondément troublante" la condamnation, qualifiant la détention de la militante d'"arbitraire". Amnesty International avait dénoncé la "cruauté" du régime envers "l'une des femmes les plus courageuses" du royaume.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/