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Arabie saoudite : le royaume abolit la peine de flagellation

L'Arabie saoudite va supprimer la flagellation de son système pénal, qui punissait jusqu'alors les meurtres ou les relations extra-conjugales. Le royaume reste l'un des pays prononçant le plus d'exécutions à mort au monde.

L'année dernière, le régime saoudien de Ben Salmane a condamné à mort 184 personnes.
L'année dernière, le régime saoudien de Ben Salmane a condamné à mort 184 personnes. Crédit : BANDAR AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP
Christophe Decroix
Christophe Decroix et Benoît Collet

  

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L'Arabie saoudite abolit la peine de flagellation Crédit Média : Christophe Decroix | Durée : | Date :

Régulièrement accusé de violations des droits de l'homme par de nombreuses ONG, le royaume ultra-conservateur d'Arabie saoudite a décidé de supprimer la peine de flagellation de son système pénal, qui était jusqu'alors applicable en cas de meurtre, de relations extra-conjugales, ou d'atteinte à "l'ordre public".

Cette dernière inculpation, vague, permettait au régime de punir ses opposants politiques, comme elle l'a fait en 2014 avec l'écrivain et bloggueur Raif Badawi, condamné à 1.000 coups de fouet.

"La Commission des droits humains se félicite de la récente décision de la Cour suprême d'éliminer la flagellation comme peine potentielle", a déclaré Awad Al-Awad, le président de cette commission, un organisme gouvernemental, le 24 avril.
"Aux termes de cette décision, les précédentes condamnations à la flagellation seront remplacées par des peines de prison et des amendes", a-t-il ajouté. "Cette réforme est un pas en avant considérable" en matière des droits humains, selon lui. L'Arabie saoudite n'a cependant pas précisé quant cette abolition sera concrètement mise en place.

Record de condamnations à mort

Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains. L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants.

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L'abolition de la flagellation ne doit donc pas être l'arbre qui cache la forêt. Le 24 avril, un militant des droits de l'homme a été condamné à mort. Un mois avant, Loujain al Hathloul, une militante qui se battait pour le droit des femmes à conduire une voiture a été jetée en prison où elle a été victime de sévices sexuels.

Au-delà des coups de fouet, le recours massif à la peine de mort en Arabie saoudite est également dénoncé par les ONG. "Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré en une seule année dans le pays", a précisé Amnesty International, dans son rapport annuel sur la peine capitale dans le monde.

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