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Algérie : Bouteflika favori de la présidentielle malgré sa maladie

L'actuel président algérien Abdelaziz Bouteflika est le favori du scrutin présidentiel, organisé jeudi, malgré ses ennuis de santé.

Abdelaziz Bouteflika, le 3 avril 2014, à Alger. (archives)
Abdelaziz Bouteflika, le 3 avril 2014, à Alger. (archives)
Crédit : JACQUELYN MARTIN / POOL / AFP
AFP

L'élection présidentielle algérienne se tient ce jeudi 17 avril, et devrait selon toute vraisemblance reconduire le sortant Abdelaziz Bouteflika malgré ses ennuis de santé qui l'ont empêché de mener lui-même campagne. Cinq jours avant leurs compatriotes, les Algériens de France, la plus importante diaspora, ont commencé à voter ce samedi 12 avril.

Affaibli il y a un an par un AVC qui a conduit à son hospitalisation à Paris pendant près de trois mois, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans dont 15 à la tête de l'Algérie, suit une rééducation pour récupérer toutes ses facultés d'élocution et sa mobilité. Malgré les déclarations rassurantes de son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal, qui a affirmé que sa santé "s'améliorait de jour en jour", beaucoup doutent de sa capacité à diriger le pays pour cinq autres années.

Appel au boycott de l'élection présidentielle

Au-delà de sa santé, ses détracteurs rejettent l'idée même d'un quatrième mandat, comme le mouvement de la société civile Barakat ("Ça suffit"). Une coalition de cinq partis d'opposition, dont le Mouvement de la société pour la paix (islamiste), mène elle une campagne de boycottage estimant que le scrutin est "verrouillé par les proches" du président.

Dans un pays où depuis l'indépendance en 1962, l'armée a toujours joué un rôle majeur dans le choix du président, la presse a fait état ces dernières semaines de profondes divergences au sein de cette institution.

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D'un côté, le puissant patron des services du renseignement militaire, le général Mohamed Mediene, dit Toufik, aurait émis des réserves sur un 4e mandat, selon la presse. De l'autre, le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, est "considéré comme le plus farouche soutien à la réélection du président", écrit El Watan.

Mais "peu importe de savoir qui sera le président à partir du moment où il n'a jamais été celui qui décide (...) Ceux qui décident sont dans l'ombre", a déclaré l'ex-Premier ministre Sid Ahmed Ghozali (1991-1992) au site TSA (Tout sur l'Algérie).

Ali Benflis, principal concurrent d'Abdelaziz Bouteflika

Les quelque 23 millions d'électeurs doivent choisir entre six candidats. Ali Benflis, qui fut l'homme de confiance d'Abdelaziz Bouteflika, est considéré comme son principal challenger

En l'absence de sondages, Abdelaziz Bouteflika est donné favori par les observateurs mais Ali Benflis croit à une revanche après sa défaite au scrutin de 2004. Jeudi, il a pronostiqué un "violent séisme qui va ébranler les bases des partisans d'une présidence à vie". Pour lui, son "principal adversaire" c'est la fraude qu'il avait déjà dénoncée en 2004.

Le scrutin a débuté en France

En France, le vote a commencé pour les Algériens expatriés. Au consulat de Nanterre (hauts-de-Seine), Hamed, un cariste de 60 ans, veut garder "son président. Il est malade, mais il bouge encore". "Il est trop vieux, mais est-ce qu'on a trouvé mieux que lui ?" interroge Halima, 51 ans. En revanche, Patricia-Fatima Houiche, 64 ans, observatrice du scrutin au bureau de vote de Gennevilliers (nord-ouest de Paris) veut croire que "la jeunesse française est derrière Benflis" et contre "ce président handicapé et virtuel".

Depuis le début de la campagne, qui s'achève ce dimanche, les Algériens ont vu Abdelaziz Bouteflika une seule fois à la télévision, recevant debout le 4 avril le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Un vrai contraste avec ses précédentes campagnes où il était hyper-actif.

Bouteflika n'a pas mené lui-même sa campagne

Bouteflika a chargé sept proches de sillonner le pays à sa place ; ils ont vanté le bilan de ses trois mandats et l'ont présenté comme le garant de la stabilité. Le président sortant a en effet conduit une politique de réconciliation nationale après une décennie de violences qui ont fait officiellement 200.000 morts.

Mais les blessures restent vivaces et les risques certains comme l'a montré la spectaculaire prise d'otages début 2013 par un commando islamiste sur le site gazier d'In Amenas (au sud-est d'Alger), qui s'était soldée par des dizaines de morts.

L'Algérie partage 7.000 km de frontières avec des pays du Sahel, comme le Mali où Al-Qaïda est actif, et des pays du Printemps arabe, un "environnement explosif", mettent en garde les proches du président.

Tensions sociales et chômage

Lors des révolutions arabes de 2011 qui ont conduit notamment à la chute des dirigeants en Tunisie et Libye voisines, l'Algérie a connu des frémissements de révolte, cependant vite contenus. Abdelaziz Bouteflika a rapidement annoncé des réformes, jugées très insuffisantes par l'opposition.

Pour éviter de nouvelles tensions, alors que plus de 20% des moins de 35 ans sont sans emploi, le futur président sera confronté à un défi de poids : diversifier une économie ultra-dépendante des hydrocarbures, où l'industrie représente moins de 5% du PIB.

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