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Algérie : 23 millions d'électeurs choisissent leur président

La présidentielle algérienne a lieu ce jeudi. L'immense favori est le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 77 ans et touché par la maladie.

Des affiches électorales d'Abdelaziz Bouteflika à Alger, en Algérie, le 16 avril 2014.
Des affiches électorales d'Abdelaziz Bouteflika à Alger, en Algérie, le 16 avril 2014.
La rédaction numérique de RTL & AFP

Près de 23 millions d'électeurs algériens sont appelés aux urnes, ce jeudi 17 avril, pour élire leur président. Les Algériens devront choisir l'un des six candidats en lice, dont l'ex-Premier ministre Ali Benflis et une femme, la députée trotskiste Louisa Hanoune. Mais le grand favori est le sortant Abdelaziz Bouteflika, 77 ans.

Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie, fera sa première apparition publique depuis près de deux ans à l'occasion du vote.

Souffrant encore des séquelles d'un AVC subi il y a un an et qui a réduit ses capacités d'élocution et de mobilité après trois mois d'hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris, Abdelaziz Bouteflika "accomplira son devoir électoral ce jeudi à 10H00 (11H00 en France) à l'Ecole Cheikh Bachir El-Ibrahimi à El-Biar", sur les hauteurs d'Alger, selon un communiqué de son staff. 

Abdelaziz Bouteflika veut un quatrième mandat

Le 8 mai 2012, Abdelaziz Bouteflika avait laissé croire à une succession ouverte en déclarant que sa génération avait "fait son temps". Le 22 février dernier, il a finalement annoncé sa décision de se lancer à la conquête d'un quatrième mandat après une lutte au sommet de l'Etat. Et malgré les doutes sur ses capacités à diriger le pays pendant un nouveau quinquennat.

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Durant la campagne du 23 mars au 13 avril, les Algériens ont pu le voir à trois reprises à la télévision recevant de prestigieux invités. Sa maladie l'ayant empêché de mener lui-même cette campagne, il a chargé sept de ses proches de sillonner le pays pour convaincre les électeurs.

Quarante huit heures avant l'ouverture des bureaux de vote, il a exhorté les Algériens à se rendre aux urnes parce que "l'abstention dénote une propension délibérée à vouloir demeurer en marge de la nation". Le taux de participation sera un des enjeux de la consultation. A la présidentielle de 2009, il était officiellement de 74,11%. Un câble de l'ambassade américaine à Alger révélé par Wikileaks l'avait cependant estimé entre 25 et 30%.

Appel au boycottage de l'élection

Une coalition de cinq partis d'opposition appelle au boycottage du scrutin, plaidant en faveur d'une "transition démocratique", tandis que le mouvement Barakat ("Ça suffit"), hostile à un quatrième mandat de M. Bouteflika, juge que cette élection est "un non-événement".

Sa manifestation mercredi à Alger a été empêchée sans ménagement par la police, préfigurant une réaction musclée des forces de l'ordre si le résultat devait être contesté dans la rue, comme on en a prêté l'intention à Ali Benflis, le principal adversaire d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démenti.

Autre signe de cette détermination : la montée au créneau du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah. "Le peuple algérien saura dresser un mur solide face à celui qui sera tenté d'exploiter cet important évènement national à des fins contraires aux intérêts supérieurs du pays", a-t-il mis en garde.

La fraude dans les esprits

Outre la participation, c'est la fraude, "mal incurable" selon le quotidien El Watan, qui fait débat, après les récentes révélations d'un ancien wali (préfet) confirmant que cette pratique avait bien lieu.

Principal rival d'Abdelaziz Bouteflika et connaisseur des affaires du sérail, Ali Benflis a fait de cette question un thème majeur. Humilié à la présidentielle de 2004 (6%) par celui dont il fut l'homme de confiance au début de son premier mandat (1999/2004), Ali Benflis pense qu'une revanche est à portée de main.

Ses mises en garde répétées sur les risques de fraude ont fini par mettre de l'électricité dans une campagne terne et par faire sortir Abdelaziz Bouteflika de son silence.

Devant deux hôtes de marque, le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Marcia-Margallo puis l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi, Abdelaziz Bouteflika a accusé sans le nommer Ali Benflis de "terrorisme" et de volonté de "fitna" (dissension).

Spectre de la violence islamiste

Un argument massue dans un pays qui n'a pas encore pansé les plaies d'une guerre civile déclenchée à la suite d'un processus électoral avorté en 1992.

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat, Ahmed Ouyahia, a d'ailleurs évoqué le risque de voir les "portes de l'enfer" s'ouvrir à nouveau devant les Algériens.

Des imams salafistes ont évoqué le risque "de provoquer de nouvelles déchirures dans le corps de la nation" qui a "retrouvé la sécurité après la peur et le désespoir".

"Nous avons une armée puissante et des services de sécurités forts, personne ne pourra nous déstabiliser", a menacé le directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika, son ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Plus de 260.000 policiers et gendarmes seront déployés sur le terrain pour assurer la sécurité des 50.000 bureaux de vote. 

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