2 min de lecture Arabie Saoudite

Affaire Khashoggi : pourquoi Donald Trump hésite à condamner Riyad

Donald Trump a nié chercher à couvrir les alliés saoudiens des États-Unis dans l'affaire Jamal Khashoggi, ce journaliste qui aurait été assassiné à Istanbul par des tueurs envoyés par Ryad.

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Journaliste saoudien disparu : l'affaire embarrasse les États-Unis Crédit Image : Denis Charlet / AFP | Crédit Média : Philippe Corbé | Durée : | Date :
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Philippe Corbé
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et Félix Roudaut

La disparition du journaliste Jamal Khashoggi embarrasse les États-Unis. Et pour cause, l'Arabie saoudite, allié stratégique de Washington depuis plusieurs décennies, est placée sur le banc des accusés. Le reporter n'a en effet plus donné signe de vie depuis sa visite dans le consulat du Royaume à Istanbul, en Turquie.

Les présidents américains successifs ont largement soutenu Riyad. Bush père et Clinton après la première guerre du Golfe, Bush fils après le 11 septembre 2001. Obama avait des relations plus fraîches avec l’Arabie saoudite, mais il a laissé le royaume intervenir au Yémen où huit millions d’habitants sont menacés par la famine. Conclusion : les relations entre Washington et Riyad sont troubles, mais ça n’est pas nouveau.

Depuis son élection, Donald Trump va plus loin que ses prédécesseurs à la Maison Blanche. Le 45e président américain a en effet décidé de se rendre à Riyad pour sa première visite officielle. Le gendre de Trump, Jared Kushner, un proche de Netanyahou, l’a convaincu de miser sur Mohamed Ben Salman, le prince héritier d’Arabie saoudite, avec lequel il a l’habitude de communiquer directement sur l’application WhatsApp.

Entre Trump et Riyad, un business florissant

L’idée est de constituer un axe États-Unis, Arabie saoudite, Israël contre l’Iran, qui est le point de fixation des républicains. Au passage, Trump se félicite d’avoir vendu pour 110 milliards de dollars d’équipements militaires à Riyad. Par ailleurs, même si le président américain affirme n’avoir aucun lien financier avec le royaume, il s’est vanté par le passé de ses affaires avec les Saoudiens. Il leur a vendu un yacht, puis un étage entier de la Trump Tower.
 
Et depuis son élection, les Saoudiens dépensent des sommes gigantesques dans les hôtels de la Trump Organization, et leur budget de lobbying à Washington a été multiplié par trois. Attention, Trump n’est pas le seul à avoir cru au prince héritier : il a fait une tournée de trois semaines aux Etats Unis au printemps, notamment pour tenter de séduire les milliardaires des nouvelles technologies, il investit beaucoup.

Une amitié embarrassante

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Pour ne rien arranger, Donald Trump déteste admettre qu'il s'est trompé. C'est pourquoi il répète qu'à ce stade le prince est innocent et semble prêt à accepter un scénario qui permettrait de le couvrir. En déplacement à Riyad mardi 16 octobre, le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, plaisantait devant les caméras avec Mohammed ben Salmane.

Mais un problème de taille se pose pour l'administration américaine : le journaliste saoudien s'était exilé aux États-Unis pour se protéger. S’il a vraiment été torturé et démembré, comme l’indiquent des enregistrements audio que les services turcs affirment avoir en leur possession, Donald Trump se trouverait dans une situation très difficile.

Le président américain est furieux que les journaux télévisés ouvrent tous les soirs en s’interrogeant sur ses liens avec un prince peut-être meurtrier. Un sénateur républicain, proche de Trump, va plusieurs fois par jour sur sa chaîne préférée, Fox News, c’est le meilleur moyen de lui faire passer un message : il est temps de lâcher le prince meurtrier.

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