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Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Crédit : Muhammed Enes Yildirim / ANADOLU / Anadolu via AFP
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Les discussions prévues ce vendredi 19 juin en Suisse entre Washington et Téhéran, censées ouvrir la voie à un accord pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ont été reportées sine die, a annoncé le gouvernement suisse, quelques heures après l’annulation du déplacement du vice-président américain JD Vance dans le pays.
"Les discussions prévues entre les États-Unis, l'Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportées. La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent", a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un message transmis à l'AFP, sans fournir de précision sur une prochaine date pour ces pourparlers.
L'annulation du voyage de M. Vance en Suisse avait déjà fait planer l'incertitude sur la tenue de ces discussions en vue d'une paix définitive, après la signature cette semaine d'un accord-cadre pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.
Ces négociations, d'une durée reconductible de 60 jours, devaient être centrées sur le programme nucléaire iranien. Elles devaient démarrer à l'occasion d'une cérémonie vendredi dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne.
Mais JD Vance, qui devait y représenter son pays, a reporté sa venue, de même que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été décisive.
"Les plans pour les discussions techniques à venir n'ont pas été finalisés, et la délégation américaine s'est préparée à partir à la première opportunité. Mais la logistique pour ces négociations n'a jamais été simple ni prévisible. Pour le moment, le vice-président ne partira pas ce soir", a annoncé jeudi la Maison Blanche.
Le protocole d'accord a été signé électroniquement et à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi dans un message écrit l'avoir approuvé malgré des réserves.
En attendant, le trafic a repris dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, doublement verrouillé depuis le début de la guerre par l'Iran et le blocus américain, lequel a été levé jeudi comme prévu dans l'accord. Les forces américaines "ont laissé plus d'une douzaine de bateaux passer", a affirmé JD Vance.
La télévision d'État iranienne, citant un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale du pays, a annoncé que les navires souhaitant traverser le détroit devraient soumettre leur demande à un nouvel organisme gouvernemental.
Conformément aux termes du protocole, "aucun frais" ne sera perçu "pendant une période de 60 jours", a-t-elle rappelé. Donald Trump s'est félicité sur son réseau Truth Social des "prix du pétrole en baisse", "un succès". Les cours du brut continuent de baisser vendredi, se rapprochant de leurs niveaux d'avant-guerre.
Mais la presse américaine est très sévère, fustigeant un accord-cadre offrant à l'Iran d'énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire.
L’armée israélienne a indiqué vendredi mener des frappes contre des positions du Hezbollah, soutenu par l’Iran, dans plusieurs secteurs du sud du Liban. Dans un communiqué, elle précise avoir visé dans la nuit, et continuer de viser, des combattants ainsi que des infrastructures du mouvement. L'arrêt des frappes au Liban fait pourtant partie de l'accord signé par l'Iran et les États-Unis, mercredi soir au château de Versailles.
"Ces frappes surviennent après des violations répétées du cessez-le-feu par l'organisation terroriste Hezbollah", selon la même source. Le Hezbollah avait fait état jeudi d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.
Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, l'intensité des violences a toutefois baissé dans le sud du Liban, et le Hezbollah n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.
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