2 min de lecture Crise en Grèce

A sec d'euros, la Grèce pourrait émettre des "Iou"

Pour payer les salaires et les retraites, la Grèce pourrait être obligée d'émettre des titres de reconnaissance de dette.

Un Athénien fête la victoire du non au référendum
Un Athénien fête la victoire du non au référendum
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La Grèce va-t-elle être obligée d'émettre des titres de reconnaissance de dette pour que ses citoyens reçoivent leurs salaires, leurs retraites ou que les entreprises puissent continuer de payer leurs fournisseurs au lendemain de la victoire du non (61,3%) au référendum sur les propositions des créanciers ? La mise en place d'une monnaie parallèle de type IOU pourrait s'avérer nécessaire mais le processus serait délicat. Explications. 

De quoi s'agit-il ?

L'acronyme anglais "IOU" signifie littéralement "I Owe You": "Je te dois" ou "Je vous dois". Il s'agit ni plus ni moins d'une promesse écrite de paiement, d'une reconnaissance de dette émise par un débiteur qui, pour une raison ou une autre, n'a pas d'argent liquide. L'État grec peut se retrouver dans cette position si la Banque centrale européenne cesse de fournir des euros au pays, et une fois que les coffres des banques seront vides. 

Pourquoi ne pas repasser à la drachme ?

L'ancien ministre des Finances, qui a démissionné lundi matin, Yanis Varoufakis a fait savoir que les presses n'avaient "pas la capacité" d'imprimer des drachmes. Sous forme papier ou sous forme de certificats électroniques, plus ou moins sécurisés, les IOU pourraient être émis en parallèle des euros encore en circulation, et à parité avec le monnaie unique. 

Quelle est la fiabilité d'un tel moyen de paiement ?

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Les titres de dette n'auraient pas forcément la même valeur qu'une monnaie traditionnelle, tout est basé sur la confiance. Prenons l'exemple d'un retraité touchant une pension de 500 euros par mois. Ce dernier recevrait à la place un bon de 500 IOU. Si le retraité décide d'utiliser cet "argent" par exemple pour faire ses courses. Le commerçant, méfiant, peut refuser de reconnaître à ces IOU la même valeur que l'euro, et demander par exemple 50 IOU pour un panier de courses valant 30 euros. 

"Une devise dans laquelle on n'a pas de confiance s'effondre dans une inflation galopante", prédit l'économiste Holger Schmieding de Berenberg Bankg, pour qui le malheureux retraité se retrouverait avec une pension de 500 IOU ne valant plus que "100 ou 150 euros sur le marché noir, ou gris, ou je ne sais quoi". 

Un scénario catastrophe inspiré de l'exemple du Venezuela, où la monnaie locale, le bolivar, n'en finit pas de plonger sur un marché noir où le dollar américain est roi. Dans un billet internet qui pourrait presque sembler prémonitoire, Yanis Varoufakis, également économiste, imaginait en février 2014, bien avant d'arriver au gouvernement, une sorte de "monnaie parallèle" pour les États de la zone euro. 

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2015-07-06 09:34:01
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