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Volkswagen : le "dieselgate", le début de la fin pour "VW" ?

REPLAY - ÉDITO - Le scandale des moteurs diesel truqués est tel qu'il y a maintenant un risque sur l'activité du constructeur automobile allemand. Das Auto ist kaputt !

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Volkswagen : le "dieselgate", le début de la fin pour "VW" ?
03:04
Volkswagen : le "dieselgate", le début de la fin pour "VW" ?
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François Lenglet & Loïc Farge

Le scandale de la fraude Volkswagen s'étend. Onze millions de véhicules seraient concernés. L'action du constructeur auto a encore perdu près de 20% mardi 22 septembre. Volkswagen peut-il survivre à cette affaire ? Ce n'est pas sûr. Ce qui sûr, en revanche, c'est que la direction de l'entreprise, en particulier le patron Martin Winterkorn, ne survive pas à la fin de la semaine. Au plan financier, les amendes, les procès, les rappels, ça va coûter des milliards et durer des années, mais c'est absorbable.

Le principal problème est commercial. Il touche à la réputation de "VW", qui est compromise. Le seul précédent de cette ampleur est l'affaire Arthur-Andersen, lorsque cette firme d'audit avait contribué à maquiller les comptes d'une entreprise américaine bidon, Enron, au début des années 2000. Andersen a fait faillite. Si le constructeur survit, il devra se transformer profondément.

Course forcenée à la première place

Comme toute fraude après qu'elle est découverte, cela semble insensé. Peut-être est-ce la une conséquence de la course forcenée à la première place mondiale, que l'Allemand avait d'ailleurs gagnée au premier semestre, dépassant d'un cheveu Toyota. Une course initiée dans les années 1990, lorsque Ferdinand Piech, un ingénieur génial (c'est l'inventeur des Audi Quattro), a pris la tête de l'entreprise. C'est le petit-fils d'un autre Ferdinand (Porsche), le fondateur de Volkswagen dans les années 30, dans l'Allemagne hitlérienne.

Piech redresse le groupe, le rationalise, intègre le Tchèque Skoda, rachète Bugatti, Lamborhini, Bentley, les camions Man, les camions Scania. Il réunit l'empire familial en mettant enfin la main sur Porsche. Il plante l'écusson Volkswagen aux quatre coins du globe. C'était un personnage glacial, au yeux clairs. Il a eu trois femmes, quatre enfants avec chacune. Il a quitté l'entreprise il y a quelques mois.

L'automobile, une religion en Allemagne

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Si ce scandale provoque un tel choc outre-Rhin, c'est parce que Volkswagen est le symbole de la transformation de l'Allemagne nazie en une machine à exporter mondialisée de l'après-guerre. C'est l'incarnation de ce que l'Allemagne a fait de bien.

C'est aussi le cœur du capitalisme allemand et de ses liens avec le pouvoir politique. L'un des gros actionnaires, aux côtés des familles fondatrices - les Porsche et les Piech -, c'est le Land de Basse-Saxe, avec 20% du capital. Un land qui a été dirigé par un certain Gerhardt Schroeder, devenu chancelier.

Enfin l'auto c'est le secteur industrie par excellence de l'Allemagne. Dans la zone euro, une voiture sur deux est "made in Germany". Du coup, la voiture c'est une vraie religion là-bas. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'a observer les Allemands qui célèbrent ce culte tous les week-ends, en briquant leur voiture devant chez eux.

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