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4 min de lecture
Une assiette dans un restaurant (image d'illustration)
Crédit : Anne-Sophie Bost / AltoPress / PhotoAlto via AFP
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L’opération "Tous au restaurant" fait son retour après sept ans d’absence. Dès ce mardi 26 mai, les inscriptions sont ouvertes sur le site The Fork, avant le lancement officiel prévu du 1er au 14 juin. Le principe est simple : pour un menu acheté, un second est offert dans près de 1.000 établissements partout en France.
L’objectif est clair : attirer de nouveau les clients dans les restaurants, alors que le secteur fait face à une baisse de fréquentation depuis plusieurs années, accentuée par l’inflation et l’évolution des habitudes de consommation.
À Strasbourg, plusieurs habitants racontent à RTL continuer à aller au restaurant, mais de manière plus occasionnelle. "Je suis retraitée. Le coût de la vie augmente et flambe. Nos retraites, elles stagnent. Les restaurants, c’est avec parcimonie", témoigne une habitante. Une autre confie que "les petits menus sympas du midi sont quand même beaucoup plus chers qu’il y a quelques années", même si elle continue à se faire plaisir de temps en temps.
Au Troquet des Kneckes, bistrot alsacien du centre-ville de Strasbourg, le responsable Jérémy Villain constate lui aussi une transformation du comportement des clients. "L’essence est plus chère, les gens font gaffe à ce qu’ils dépensent", explique-t-il auprès de RTL.
Selon lui, les consommateurs viennent moins souvent, mais dépensent une fois installés à table. "Il faut que la personne rentre. Une fois qu’elle est là, c’est bon, mais il faut qu’elle rentre", résume-t-il.
Quelques rues plus loin, le restaurateur Chaban Torricelli, qui tient une pizzeria depuis 35 ans, décrit une situation économique de plus en plus tendue. Ses charges ont fortement augmenté ces dernières années : "plus 30% pour le café, plus 40% pour le droit à la terrasse", énumère-t-il. Pourtant, il hésite à répercuter ces hausses sur ses clients. "On a peur de l’augmenter. On préfère que ça nous bouffe un peu sur notre marge", explique-t-il.
Pour les professionnels comme pour les clients, la question du pouvoir d’achat reste centrale. Invité de RTL Midi ce mardi 26 mai, le chef Denny Imbroisi, qui participe à l’opération avec son restaurant Ida dans le 15e arrondissement de Paris, assure constater un impact dès que les dépenses contraintes augmentent. "Dès qu’on a l’augmentation de l’essence, de l’électricité ou des factures, on voit l’impact fort sur la restauration", affirme-t-il.
Le chef précise toutefois que la restauration rapide et la livraison résistent mieux que les repas sur place. Pour limiter les hausses de prix, il appelle également ses confrères à privilégier les produits de saison, moins coûteux.
Du côté des auditeurs de RTL, beaucoup disent avoir réduit leurs sorties au restaurant depuis le Covid. Certains évoquent des prix devenus trop élevés, des portions plus petites ou des expériences jugées décevantes. Une auditrice raconte ainsi privilégier désormais "des bars qui font un plat du jour" ou "un petit truc à grignoter", afin d’avoir "pour son argent".
Un restaurateur parisien, également auditeur de RTL, confirme une transformation profonde des habitudes de consommation. Selon lui, les clients préfèrent désormais "aller boire des verres, grignoter des petites planches" plutôt que de faire "un vrai resto, entrée, plat, dessert".
Il souligne aussi les difficultés économiques du secteur, confronté à la hausse du prix des matières premières, de l’énergie et des salaires depuis la crise sanitaire. "Chaque prix est calculé pour être rentable (…) la marge n’est pas dingue du tout", insiste-t-il.
Le professionnel pointe aussi un autre problème : les banques financeraient plus facilement des projets de restauration rapide que des restaurants traditionnels, jugés "plus risqués".
"On a perdu l'habitude de revenir fréquemment dans le même restaurant", constate sur RTL le chef Denny Imbroisi
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Pour beaucoup de professionnels du secteur, le restaurateur Chaban Torricelli s’inquiète également du désintérêt croissant des jeunes pour la restauration traditionnelle. "Une génération à venir qui est branchée vers tout ce qui est fast-food, tacos, burgers…", regrette-t-il.
Mais le chef Denny Imbroisi nuance en estimant que les jeunes ne désertent pas totalement les restaurants, mais qu’ils "choisissent différemment", analyse-t-il. Selon lui, les réseaux sociaux ont profondément changé les habitudes : "On a plus l’habitude d’aller scroller sur les réseaux sociaux pour aller voir la dernière tendance, la dernière ouverture de restaurant."
Le chef explique également que les clients ont perdu l’habitude de revenir régulièrement dans le même établissement. Les restaurateurs doivent donc redoubler d’efforts pour attirer cette clientèle plus volatile, notamment grâce à "la communication", "les festivals" ou encore des opérations comme "Tous au restaurant".
Face à ces difficultés, certains restaurateurs cherchent désormais de nouveaux relais de croissance. "Aujourd’hui, on s’en sort parce qu’on fait énormément d’événementiel", explique Denny Imbroisi, convaincu que les restaurateurs doivent désormais aller chercher les clients "dans des registres qui ne sont pas forcément nos métiers".
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