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Un malus à partir du 1er septembre : pourquoi vous allez payer plus cher certains vêtements sur Shein, Temu ou AliExpress

Le malus anti ultra-fast fashion devient concret. Un arrêté publié au "Journal officiel", ce vendredi 28 août, précise les pénalités applicables à certains vêtements vendus par des acteurs comme Shein, Temu ou AliExpress.

Un sac issu de la plateforme de commerce en ligne asiatique Shein

Crédit : AFP/Hans Lucas

Shein, Temu, AliExpress... : pourquoi vous risquez de payer plus cher certains produits de l'ultra-fast fashion

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Joanna Chabas & Jérémy Descours & AFP

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Le gouvernement passe à l'action contre l'ultra-fast fashion. Un arrêté publié ce vendredi 28 août au Journal officiel fixe, à partir du 1er septembre, les pénalités financières qui pourront s'appliquer à certains vêtements vendus par les entreprises de mode ultra-éphémère, comme Shein, Temu ou encore AliExpress.

Cette mesure découle de la loi adoptée début juillet par le Parlement pour enrayer l'essor de l'ultra-fast fashion dans l'Hexagone. Le texte repose sur deux critères cumulatifs : les volumes de vêtements mis sur le marché et l'incitation à la réparation, c'est-à-dire le rapport entre le prix du produit et ce que coûterait sa remise en état.

Dans les textes, aucune entreprise n'est citée noir sur blanc. Mais le dispositif vise clairement les grandes plateformes asiatiques. Le gouvernement assure avoir testé les effets de l'arrêté sur plusieurs enseignes présentes en France, comme Kiabi, Decathlon, Jules, Petit Bateau, E.Leclerc ou Carrefour, et affirme qu'elles ne seraient pas concernées.

Quels critères serviront à calculer cette taxe ?

Le malus sera calculé à partir d'un score environnemental attribué à chaque produit. Plus la gamme est large, plus les volumes sont importants et moins la réparation est jugée pertinente économiquement, plus le risque de pénalité augmente.

Sont concernés les boxers, caleçons, slips, chaussettes, chemises, jeans, jupes, robes, maillots de bain, manteaux, vestes, pantalons, pulls, t-shirts et polos. En 2026, les entreprises visées paieront par exemple 50 centimes de pénalité pour chaque boxer, caleçon ou paire de chaussettes dont le score est inférieur au seuil fixé, deux euros pour un t-shirt, neuf euros pour un jean et douze euros pour une veste.

Le dispositif montera progressivement en puissance jusqu'en 2030. À cette échéance, la pénalité pourra atteindre 19,50 euros pour une veste. Une limite est toutefois prévue : le malus ne pourra jamais dépasser 50% du prix hors taxe du vêtement. Pour une veste vendue dix euros, la pénalité ne pourra donc pas excéder cinq euros.

Un "instrument puissant et efficace"

Reste une inconnue majeure : qui paiera réellement la facture ? Les plateformes concernées n'ont pas encore précisé si elles absorberont ce surcoût ou si elles le répercuteront sur les consommateurs. Mais l'objectif du gouvernement est assumé : inciter les consommateurs à ne plus acheter sur ces plateformes chinoises.

L'exécutif défend aussi un mécanisme de redistribution. Les recettes tirées de ces malus doivent financer les bonus promis aux entreprises jugées plus vertueuses, même si les modalités précises de ces aides n'ont pas encore été détaillées.

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a salué sur X un "instrument puissant et efficace" contre un modèle dans lequel, selon lui, un vêtement passe "en un temps record des étals d'un magasin à la poubelle noire de son logement".

Interrogé début juillet sur l'exemption d'entreprises dites de fast fashion comme Primark, Zara, Uniqlo ou H&M, le cabinet du ministre délégué avait estimé que les entreprises "responsables des difficultés que connaît la filière textile en France" sont "avant tout les Shein et les Temu" qui vendent des volumes avec des ordres de grandeur "pas comparables avec un Zara".

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