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Taxer l'épargne salariale ? François Lenglet est catégorique : "C'était l'idée la plus bête de la rentrée"

Sébastien Lecornu s'est efforcé lundi 7 septembre de temporiser après le tollé provoqué par l'idée d'une imposition de l'épargne salariale. Matignon a saisi la justice après la fuite de "travaux internes".

Des bulletins de salaire. (Illustration)

Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP

Bonne nouvelle en vue après le pataquès sur l'épargne salariale

00:03:23

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François Lenglet - édité par Marie-Lys de Fremond

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Le gouvernement écarte l'idée de taxer l'épargne salariale. Après le tollé suscité dans le monde économique et politique, Sébastien Lecornu a tenu à désamorcer lui-même lundi 7 septembre le pataquès. Le Premier ministre a déclaré qu'il ne s'était "jamais prononcé en faveur" de ce scénario, évoqué par le ministre de l'Économie Roland Lescure sur RTL. Il souhaite même autoriser un déblocage partiel de l'épargne pour redonner un peu de pouvoir d'achat aux Français.

"Taxer l'épargne salariale, c'était l'idée la plus bête de la rentrée", réagit François Lenglet sur RTL ce mardi 8 septembre.

L'épargne salariale est composé pour l'essentiel des primes d'intéressement et de participation aux bénéfices versés aux salariés du privé par leurs employeurs, qui sont aujourd'hui exonérés de charges sociales et d'impôts sur le revenu. Cet épargne est cher à Emmanuel Macron, qui exhorte toujours les entreprises à s'en servir pour améliorer les salaires sans payer trop de charges. 

C'est aussi un outil d'épargne longue, alors que le gouvernement cherche justement à encourager l'épargne à long terme des Français, afin de compenser les faiblesses à venir du système de retraite. 

L'épargne salariale est-elle déjà taxée ?

L'initiative de taxer l'épargne salariale a pris place dans la perspective d'un budget impossible en 2027, avec un déficit d'au moins 6% du PIB si rien ne change. Or, cet épargne concerne beaucoup de monde : 13 millions de Français disposent d'un compte pour un montant moyen de 17.000 euros, dans 440.000 entreprises. Cela représente au total 230 milliards d'euros, avec l'épargne salariale et la retraite, et le montant a été multiplié par plus de trois depuis 2008. 

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Ces primes sont en réalité un peu fiscalisées au moment de leur versement, à hauteur de 9,7%, avant d'être bloquées cinq ans. Au bout de la période, la somme est exonérée d'impôts, mais pas la plus-value enregistrée. Si les sommes ont été placées, la plus-value est taxée à 18,6%. Il y a aussi des cas de déblocage anticipé, comme en cas d'achat d'une résidence principale, de perte d'emploi, etc.

Matignon cherche désormais à rendre davantage de liberté pour utiliser l'argent de l'épargne salariale : il s'agirait de pousser une proposition de loi d'Olivier Rietmann, déjà adoptée par le Sénat, qui autoriserait un déblocage anticipé et non fiscalisé de 5.000 euros pour chaque titulaire en 2026. Ce n'est pas pareil du tout. Comme quoi, une fuite à Bercy, cela peut avoir des effets complètement inattendus et assez heureux.

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