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Smic : un coup de pouce pour le salaire minimum est peu probable

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - Au lendemain des élections régionales, certains, à gauche, réclament un changement de politique économique et en particulier une augmentation des salaires.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Smic : un coup de pouce pour le salaire minimum est peu probable
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Smic : un coup de pouce pour le salaire minimum est peu probable
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François Lenglet & Loïc Farge

C'est ce lundi 14 décembre que le gouvernement doit revaloriser le Smic. Si l'on en croit les indiscrétions parues dans la presse, le salaire minimum ne devrait être augmenté que de 0,5%, c’est-à-dire quelques euros par mois, correspondant à un tout petit peu plus que la hausse des prix. Le Smic représente aujourd'hui 1.136 euros net par mois. Il a augmenté, depuis l'élection de François Hollande il y a bientôt quatre ans, de 39 euros par mois. Le ministère du Travail devrait s'en tenir à la formule d'indexation classique, sans l'augmenter d'aucune manière. C'est ce que préconise le groupe d'experts du Smic, lors de son rapport annuel.

Si ces experts sont si rigoureux pour les smicards, c'est parce qu'ils craignent les effets négatifs sur l'emploi. Le Smic rémunère le travail non qualifié, puisque c'est le salaire le plus faible du marché du travail. Si la hausse du salaire du travail non qualifié est trop forte, cela devient moins intéressant pour les entreprises d'embaucher dans certains cas. Ainsi, lorsque le travail humain est en concurrence avec des machines (comme pour la vente de billets de transports), c'est soit un employé au guichet, soit un automate. L'évolution du coût du travail est un critère important dans la décision que prend l'employeur d'embaucher.

On peut faire remarquer qu'il y avait bien des coups de pouce sur le Smic avant, et on avait moins de chômeurs. Mais la hausse du salaire minimum, c'était ce qu'on voyait à l'époque. Ce qu'on ne voyait pas, c'était la dévaluation du franc qui suivant immanquablement. En 1968, les fameux accords de Grenelle, pendant la crise sociale, ont aboutit à une augmentation du Smig de 35% (c'est énorme). Mais on a dévalué dans la foulée, à l'été 1969, ce qui revient à prendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre.

Idem en 1981, où le coup de pouce est de 10%, et il est suivi par une salve de dévaluations et d'inflations. Pendant toute cette époque, le franc perd, tous les dix ans, entre 25 et 30% de sa valeur face au deutsche mark. C'est ça qui permet de corriger la dérive du coût du travail et de continuer à créer des emplois. En apparence, les smicards avaient plus d'argent grâce à ces augmentations. Mais en réalité, l'argent valait moins cher, leur pouvoir d'achat n'avait donc pas progressé.

La bonne solution : augmenter le salaire réel et abaisser les charges sociales

François Lenglet
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Cela veut dire qu'en bonne logique, on ne peut pas augmenter le Smic sans dévaluer. Sinon, on s'expose à des mésaventures. C'est justement ce que nous avons subi. En 1995, Jacques Chirac et Alain Juppé décident, par exemple, d'un coup de pouce important, alors qu'on ne dévalue plus depuis longtemps. Lionel Jospin le fait un peu plus tard. Au début des années 2000, avec la mise en place des 35 heures, le Smic horaire fait un bond de 10%. La conséquence, c'est la montée du chômage des non qualifiés en France, parce qu'il n'y a plus assez d'emplois pour eux. Les entreprises n'embauchent plus à ce prix-là. C'est cruel, mais c'est la vérité du marché du travail.

La bonne solution, c'est d'augmenter le salaire réel, mais en contrepartie, d'abaisser les charges sociales, pour ne pas peser sur l'offre de travail. On l'a fait, mais pas suffisamment. 

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