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Renoncer au restaurant, moins de visites à ses proches... Comment la hausse des prix du carburant a restreint le quotidien des automobilistes

Face à la hausse des prix du carburant, de nombreux Français disent renoncer à des sorties de loisirs, voire des visites à des proches ou même des rendez-vous médicaux. Beaucoup jugent insuffisantes les aides des pouvoirs publics.

Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).

Crédit : Elodie CLEMENT / AFP

AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Un train de vie qui dépend désormais du prix à la pompe. Selon un sondage Ifop pour la Fondation Jena-Jaurès, dévoilé ce mercredi 22 juillet, près de 6 automobilistes sur 10, soit 58% des sondés, estiment que leur "vie quotidienne s'est rétrécie" ces derniers mois avec l'envol du prix des carburants lié à la guerre au Moyen-Orient.


"Ce sentiment est particulièrement marqué parmi les ménages modestes, les habitants des territoires ruraux et les personnes très dépendantes de leur véhicule pour travailler, accéder aux services ou maintenir leurs liens familiaux", souligne dans un communiqué le think thank de gauche, co-auteur d'une étude dédiée. Cette dernière s'appuie sur des témoignages et une enquête d'opinion menée du 2 au 3 juillet auprès de 1.000 personnes majeures, représentatives de la population française selon la méthode des quotas. 

Renoncer au restaurant ou au cinéma

Preuve que la voiture demeure le principal mode de transport en France, 71% des sondés s'en disent dépendants au quotidien. Parmi les 912 personnes interrogées possédant au moins une voiture, plus de la moitié (54%) assurent avoir, "au cours des derniers mois", renoncé au moins une fois "à une sortie de loisirs (restaurant, cinéma, café, spectacle...) en raison du prix du carburant", une proportion qui grimpe à 65% pour les catégories "modeste" et "pauvre".

Près d'une personne sur deux a en outre déjà renoncé à rendre visite à un proche (47%), ou a déjà dépensé "moins de 30 euros" à la pompe "faute de pouvoir faire un plein plus important" (46%), et 18% ont reporté ou renoncé à au moins un rendez-vous médical.

Des aides insuffisantes des pouvoirs publics

Plus largement, 70% des sondés jugent "insuffisantes" les aides des pouvoirs publics face aux prix des carburants, et 9% n'en ont "pas entendu parler".
Si près de trois répondants sur dix (27%) ne prévoyaient pas de partir en vacances, 32% ont modifié leurs projets dans ce domaine - 13% ont renoncé à partir et 19% partent "moins loin" ou "moins longtemps".

"Au-delà de la baisse du pouvoir d'achat, l'augmentation durable du prix des carburants transforme profondément les modes de vie et les possibilités de déplacement de millions de Français", nourrissant "un sentiment de frustration et de relégation", résume la fondation Jean-Jaurès. Les prix du carburant, qui avaient baissé à la suite d'un accord de paix mi-juin entre l'Iran et les États-Unis, sont repartis à la hausse avec la reprise des hostilités le 7 juillet.

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