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Vue aérienne de la Silicon Valley
Crédit : HELENE LABRIET-GROSS / AFP
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Si tous les Américains votent aujourd'hui pour les midterms, ces élections de mi-mandat qui renouvellent une partie du Sénat et la Chambre des représentants, les Californiens doivent également se prononcer à propos d'un nouvel impôt sur les milliardaires.
Cet autre scrutin pourrait avoir une importance capitale. Les électeurs de Californie votent pour ou contre ce qu'on appelle la proposition 40, une initiative qui vise à taxer les milliardaires, nombreux en Californie notamment en raison de la Silicon Valley. Si cette proposition passe, toute personne possédant plus d'un milliard de dollars en patrimoine, quelle qu'en soit la forme (participation dans les entreprises, investissement, propriété), sera taxée une seule fois à hauteur de 5% de son capital.
Cette mesure serait révolutionnaire, car jusqu'ici la richesse n'est taxée que sur les plus-values en cas de revente ainsi que sur les revenus qu'elle dégage. Il s'agirait d'un impôt sur le capital, proche de l'ex-ISF français. Celui-ci est plus lourd mais aussi plus resserré quant à la cible, car il touche les ultra-riches.
L'élue démocrate Elizabeth Warren pousse l'idée depuis des années, associée au syndicat et à des économistes. Derrière le projet, on retrouve notamment un Français de Berkeley nommé Emmanuel Saez, proche d'un certain... Gabriel Zucman. L'objectif est de rapporter 100 milliards de dollars afin de les investir dans le système de santé. De nombreux économistes considèrent ce montant exagéré et parient au mieux sur la moitié.
Une partie des milliardaires visés ont monté une sorte de parti politique doté de centaines de millions de dollars de dons, dans le but de faire campagne contre la proposition 40. Leur argument clé : taxer les milliardaires va les pousser à partir dans d'autres États. Les fondateurs de Google, qui pèsent plus de 500 milliards de dollars à cause de la valeur de leur entreprise, sont notamment partis dans le Nevada, quand d'autres ont migré vers le Texas. Le gouverneur de Californie, lui-même démocrate, est d'ailleurs contre la mesure à cause de ce risque d'émigration des super-riches, qui entraînerait celle des entreprises et des emplois liés à ces milliardaires.
Les derniers sondages sont partagés : certains prévoient l'adoption de la mesure, ce qui est déjà un événement au pays de la libre entreprise et du culte de la richesse. L'extraordinaire progression des inégalités de capital des années récentes est passée par là. On peut même se demander si ce vote californien n'ouvre pas une nouvelle époque fiscale moins favorable aux riches.
Chaque fois, ces vagues partent des États-Unis avant de s'étendre au monde. Dans les années 1930, Roosevelt avait été le premier à monter les impôts sur les riches, notamment pour financer la guerre, avant que le libéral Ronald Reagan ne promeuve la réforme fiscale inverse 50 ans plus tard. Le balancier est peut-être en train de s'inverser.
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